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Le 8 septembre 2009, lors des 47ème ASCAP Country Music Awards de Nashville, J.D. Souther recevait des mains de Jackson Browne - son ami de 40 ans - le prestigieux Golden Note décerné par l'ASCAP ( la Société Américaine des Auteurs, Compositeurs et Editeurs) .

 

" Les chansons de J.D. Souther sont uniques. Puisées dans le coeur d'un rebelle du rock and roll, leur sensibilité et leur grâce leur ont acquis une place permanente dans le canon de la grande musique américaine. Ce sont toutes des chansons que James Dean aurait écrite s'il avait été compositeur. Nous sommes amis depuis plus d'années que lui ou moi voudrions l'admettre et je suis enchanté de voir son génie renconnu". Paul Williams compositeur et président de l'ASCAP.

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Bio par Thanu

John David Souther ne mérite sans doute pas le label de songwriter maudit.  Tous les millions engrangés grâce aux hits écrits pour les Eagles et Linda Ronstadt (pour ne citer qu’eux) l’ont rapidement mis à l’abri du besoin. Sa réputation de bourreau des cœurs et de misanthrope n’a également rien pour attendrir.  Songwriter oublié plus certainement, on s’en rend compte à la somme relativement modeste de ressources disponibles à son sujet ayant réussi à passer les âges pour trouver sa place sur le web. Songwriter courtisé, tant il a écrit pour les autres et participé d’une manière ou d’une autre à un nombre incalculable de productions du rock californiennes des années 70.

Songwriter de génie, c’est la conclusion à laquelle tout un chacun arrivera à l’écoute de sa courte mais intense discographie qui dresse une trajectoire discrète et passionnante aux confins du folk, de la country et du soft-rock.

Les débuts

Avant de rejoindre la Côte Ouest, ce natif de Detroit élevé à Amarillo au Texas joue dans de nombreux petits groupes (The Icehouse Blues Band, The Cinders) et accompagne notamment Bobby Doyle et Norman Greenbaum. Il arrive à Los Angeles en 1968, fait un bref passage à New-York puis retourne en Californie en 1969. C’est à cette époque qu’il fait la rencontre de Glenn Frey, qui vient juste d’arriver en provenance de Detroit. Souther et Frey se lient d’amitié et forment Longbranch Pennywhistle. Le duo sort dans la foulée un album éponyme, un disque country-rock fortement influencé par les Flying Burritos Brothers et sur lequel s’illustrent des musiciens de studio de premier plan tels que James Burton (Elvis Presley. Ricky Nelson), Buddy Emmons (The Dillards) ou Ry Cooder.   

L’album mythique - qui contient parmi ses pépites Don't Talk Now la reprise d'une composition d'un jeune singer-songrwiter nommé James Taylor dont le premier album parut l'année précédente sur le label Apple des Beatles - n’a pas été réédité en CD mais Glenn Frey nous offre la possibilité de le télécharger gratuitement sur son site officiel. (vous pouvez également le télécharger sur cette page)

Longbranch Pennywhistle LP (1969)

Jubilee Anne - 4 megs
Run Boy Run - 3 megs
Rebecca - 3 megs
Lucky Love - 3 megs
Kite Woman - 3 megs
Bring Back Funky Women - 3 megs
Star-Spangled Bus - 4 megs
Mister Mister - 5 megs
Don't Talk Now - 4 megs
Never Have Enough - 6 megs

L’échec de l'album Longbranch Pennywhistle n’empêche pas John-David Souther de commencer, petit à petit, à se faire une place sur la scène rock de Los Angeles. A l’époque, lui et Frey partagent leur toit à Echo Park avec un certain Jackson Browne. On peut imaginer l’émulation artistique à l’œuvre dans une telle collocation, point de départ des nombreuses collaborations qui verront le jour dans les années futures.

Les trois amis écument les clubs de LA, notamment le fameux Troubadour, où s’agrège la scène rock de la ville et où ils font la rencontre de Linda Ronstadt et Don Henley.

Souther et Frey veulent plus de contrôle sur la réalisation du deuxième album de Longbranch Pennywhistle. C’est avec le premier album du groupe Crazy Horse en tête qu’ils enregistrent les maquettes de leurs nouvelles chansons. Ils rêvent de David Briggs (producteur de Crazy Horse et de Neil Young) pour le produire mais leur maison de disques, qui n’a pas les mêmes références, est perplexe. C’est alors que Linda Ronstadt leur propose à eux et à Henley de former son groupe de tournée. Souther décline mais Frey accepte. De fait, Longbranch Pennywhistle splitte et ce deuxième album ne verra jamais le jour.

Frey et Henley iront former The Eagles tandis que Souther devient en 1971 l’un des premiers artistes à être signé sur le label Asylum que vient de fonder David Geffen. C’est probablement par son intermédiaire qu’il rencontre Judee Sill. Leur histoire d’amour ne dura pas longtemps mais elle fut assez longue pour briser le cœur de Sill et lui inspirer une chanson, Jesus Was A Crossmaker, sur son premier album. Joni Mitchell, Jackson Browne, Warren Zevon entre autres les suivront auprès de Geffen, contribuant à faire d’Asylum Records le label-phare du rock californien des seventies.

Les collaborations : une fructueuse cash-machine

Ce n’est pas un hasard si l’on surnomma Souther le 5ème Eagles. Il participe à l’écriture de Doolin’ Dalton sur l'album Desperado (1973) puis de leur premier tube, Best Of My Love, sur l’album On The Border (1974). Victim Of Love et New Kid In Town suivront sur Hotel California (1976) et Heartache Tonight sur The Long Run (1979). Il est même de la partie sur l’album du comeback Long Road Out Of Eden sorti l’année dernière mais le premier tube How Long, composition de Souther, n’a pas été écrite pour l’occasion - elle figure en fait sur le premier album solo de J.D. Souther. Malgré cela, Souther refusa toujours d’intégrer officiellement le groupe. Il supporte mal la vie en communauté et préfère rester chez lui à écrire ses chansons plutôt que de s’engager dans des tournées interminables et fatigantes.Il apprécie la discrétion que lui octroie son statut d’Eagle de l’ombre et le confort matériel que lui offrent les royalties tirées des hits

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Des hits, il en eu aussi avec Linda Ronstadt. Mais son travail est différent. Pour les Eagles il écrit avec Frey et Henley, ou au moins un des deux. Pour Ronstadt, Souther compose seul et pas forcément avec l’idée d’en faire une chanson pour elle. Certains titres passeront d’abord par l’un de ses disques solos avant d’atterrir sur un album de Ronstadt, d’autres feront le chemin inverse, sans oublier ceux que Souther n’enregistrera pas. Entre Ronstadt et Souther ce n’est pas qu’une histoire professionnelle. Ils filent le parfait amour quand Souther produit Don't Cry Now (1973) où ses compositions (I Can Almost See It, Don’t Cry Now, The Fast One) côtoient celles de Neil Young et de Randy Newman. Leur romance va jusqu’à gêner les séances d’enregistrement, nécessitant le renfort d’un autre producteur, Peter Asher. Faithless Love figure sur le multiplatiné Heart Like A Wheel (1974), placée juste avant The Dark End Of The Street, une chanson qu’elle joindra au classique du répertoire US. Deux de ses albums suivants seront nommés d’après le titre d’une composition de Souther, Prisoner In Disguise (1975) et Simple Dreams (1977). White Rhythm And Blues, sur Living In The USA (1978), est la dernière chanson de Souther qu’elle enregistra, si l’on omet leur duo sur la BO de Urban Cowboy (1980), Hearts Against The Wind .


Mais c’est son duo avec James Taylor, Her Town Too - une composition qu'il a co-écrit avec JT sur l'album de celui Dad Loves His Work (1981) - qui lui vaudra un succès.(Voir la vidéo ici)

Plus largement, Souther hante littéralement toute la scène dite de Laurel Canyon, dont les artistes réclament son timbre de voix qu’il sait si bien utiliser en harmonie. On le verra ainsi crédité sur une pléiade d’albums : ceux de Lowell George, Dan Folgerberg, Jackson Browne évidemment, Joni Mitchell, Bonnie Raitt, Kate Taylor, Warren Zevon, Larry Murray, Andrew Gold, John Prine, Randy Newman, Ned Doheny, Christopher Cross, Richie Furay, Randy Meisner, America, Carole King, Karla Bonoff, bref, un véritable who’s who de la musique west-coast !

The Souther-Hillman-Furay Band: un relatif fiasco

Sorti à l'origine sur Asylum en 1974, l'abum eu droit à un nouvelle édition CD sur Wounded Bird en 2002

Les morceaux: Fallin' in Love, Heavenly Fire, The Heartbreaker, Believe Me, Border Town, Safe at Home, Pretty Goodbyes, Rise and Fall, The Flight of the Dove, Deep, Dark and Dreamless
Les musiciens: J.D. Souther , Chris Hillman, Richie Furay, Jim Gordon, Ron Grinel, Paul Harris, Joe Lala, Al Perkins

Malgré son tempérament farouchement individualiste, Souther se laisse convaincre par Geffen de former un groupe, sans doute aidé en cela par l’échec de son premier album solo. Geffen a dans l’idée de créer un supergroupe dans la veine de Crosby, Stills & Nash. Habitués aux seconds rôles dans à peu près toutes les formations country-rock qui comptaient à l’époque (Flying Burritos Brothers, The Byrds, Buffalo Springfield, Poco, Manassas), Chris Hillman et Richie Furay rejoignent Souther sur le projet. Egalement conviés en arrière-plan sont le steel-guitariste Al Perkins (Flying Burritos Brothers), le batteur Jim Gordon (Derek & The Dominos), et Paul Harris (Manassas) aux claviers.

Au regard des moyens mis en oeuvre et du tapage organisé autour de sa sortie en 1974, le premier disque éponyme de The Souther-Hillman-Furay Band passe relativement inaperçu. Mais l’album en lui-même ne déçoit pas. La présence de trois fortes individualités est palpable sans que cela ne nuise à la cohérence de l’ensemble, assurée par les splendides harmonies vocales. Furay est certainement le plus en forme des trois et ses composition Fallin’ In Love et Believe Me rivalisent avec le meilleur de Poco. Hillman s’illustre notamment avec Heavenly Fire, un titre en hommage à Gram Parsons, récemment disparu. Quant à Souther, il applique tranquillement sa formule mid-tempo soft-rock sur The Heartbreaker, Border Town, Pretty Goodbyes et Deep, Dark And Dreamless. Mais le groupe souffre rapidement de problèmes d’incompatibilité d’humeur, Souther se montrant très peu coopératif autant artistiquement qu’humainement. Ajoutez à cela un Perkins qui convertit Furay au fondamentalisme chrétien au grand dam d’Hillman et Souther et vous obtenez un jeune groupe on ne peut plus fragile. Mais voilà, bon an mal an, l’album s’offre une honorable 11ème place dans les charts, de quoi envisager raisonnablement une suite à ce fiasco en marche.

Sorti à l'origine sur Asylum en 1975 l'album eut droit à une nouvelle édition CD sur Wounded Bird en 2002

Les morceaux:Trouble in Paradise, Move Me Real Slow, For Someone I Love, Mexico, Love and Satisfy, On the Line, Prisoner in Disguise, Follow Me Through, Somebody Must Be Wrong
Les musiciens: J.D Souther,Chris Hillman,Richie Furay,Don Henley, Glenn Frey, Ron Grinel, James William Guercio, Paul Harris, Joe Lala, Al Perkins

Trouble In Paradise, qui sort un an plus tard, pâtit certainement d’une production trop lisse mais la qualité des morceaux est intacte, voire même meilleure pour ce qui concerne Souther. De l’inaugural et punchy morceau-titre au funky Somebody Must Be Wrong en passant par Prisoner In Disguise (qu’il offre la même année à Linda Ronstadt) et le délicieux Mexico, Souther semble s’être davantage investi cette fois-ci. Mais si l’album fait mieux que se tenir, dans les coulisses le groupe continue à péricliter. Souther choisit d’inviter les Eagles aux choeurs plutôt que de les assurer avec ses partenaires. Et Hillman se lasse de devoir gérer d’un côté la ferveur chrétienne de Furay et de l’autre l’humeur toujours aussi difficile de Souther. Cette fois-ci les résultats commerciaux ne sont pas là pour sauver les apparences et le groupe, incapable de s’entendre pour partir en tournée, splitte peu de temps après la sortie du disque.

 The Souther Hillman Furay Band - Mexico

DISCOGRAPHIE SOLO

C’est donc en solo que JD Souther reprend sa route. Une route qu’il a prise dès 1972 avec un premier album éponyme et qui sera parsemée de trois autres disques entre 76 et 84. Revue de détail.


-John David Souther (Asylum, 1972)

Les morceaux: The Fast One, Run Like A Thief, Jesus In 3/4 Time, Kite Woman, Some People Call It Music, White Wing, It´s The Same, How Long, Out To Sea & Lullaby.
Les musiciens: John David Souther, Ned Doheny, Glenn Frey, Bryan Garofalo, Gary Mallaber, Gib Guilbeau, David Jackson, Mike Bowden, Mickey McGee, Joel Tepp, John Barbata & Wayne Perkins.

Pas étonnant finalement que le premier album éponyme de John David Souther n’ait pas rencontré le succès qu’espérait Geffen.John David Souther est de ces oeuvres discrètes, faites de petites touches, chargée d’impressionnisme, qu’on redécouvre 40 ans après en se demandant comment on avait pu passer à côté. Rien de véritablement catchy ici (à l’exception notable de l’effréné How Long, qui recevra un Grammy Awards 36 ans plus tard pour la version très « bof » des Eagles), mais plutôt des compos en clair-obscur, qui mettent soigneusement le temps de s’infiltrer dans l’esprit de l’auditeur pour y rester longtemps gravé. Souther qui déjà arrive précédé de sa réputation de collaborateur des Eagles parvient pourtant à imposer un style personnel, plus intimiste, et une voix, dans tous les sens du terme. The Fast One, l’ouverture country de l’album, aurait très bien pu se retrouver sur G.Pde Gram Parsons qui sortait la même année. Run Like A Thief, lui, atterrira quelques années plus tard boosté sur un album de Bonnie Raitt. Des titres comme Jesus in 3/4 Time, Kite Woman (que Kate Taylor, la petite soeur de James tiendra à reprendre en 1979 sur son troisième album It's In There...) ou It’s The Same et leur humeur mélancolique se retrouvent parfaitement illustrés par les photos de pochette qui montrent un J.D. abattu par quelque coup du sort amoureux. Blues, country, R’n’B ou folk-pop, il n’y a pas un style pour écraser l’autre : on est finalement en plein dans l’esthétique singer-songwriter qui bourgeonne à l’époque.

 JD Souther - Jesus In 3/4 Time
 JD Souther - It’s The Same

- Black Rose (Asylum, 1976)

Les morceaux: Banging My Head Against The Moon, If You Have Crying Eyes, Your Turn Now, Faithless Love, Baby Come Home, Simple Man Simple Dream, Silver Blue, Midnight Prowl, Doors Swing Open & Black Rose.
Les musiciens: John David Souther, Danny Kortchmar, Waddy Wachtel, Paul Stallworth, Jim Keltner, David Crosby, Art Garfunkel, Andrew Gold, Glenn Frey, Kenny Edwards, Russell Kunkel, Linda Ronstadt, Peter Asher, Charles Veal, Robert Dubow, Haim Shtrum, John Wittenberg, David Campell, Dennis Karmazyn, Mike Boots, James Bond, Don Menza, Earl Dumler, David Duke, Joe Walsh, Kathleen Lenski, Sheldon Sanov, James Dunham, Pamela Goldsmith, Ronald Cooper, Harry Shlutz, Stanley Clarke, Vincent De Rosa, Roy Poper, Donald Byrd, Lowell George, Chuck Domanico, John Guerin & Ned Doheny.

Suivant la déconvenue du Souther-Hillman-Furay Band,Black Rose bénéficie davantage des moyens des ambitions de Souther en se révélant à la fois plus sophistiqué et plus abouti que son prédecesseur. Peter Asher produit et outre les musiciens habitués des albums de Linda Ronstadt (Andrew Gold au piano et guitares, Kenny Edwards à la basse et Mike Botts à la batterie) une ribambelle de Guests viennent apporter leur pierre à cet édifice ultra-léché, flirtant souvent avec un jazz soyeux. Les somptueux arrangements de cordes et de cuivres mis au point par David Campbell n’ont pas vieilli d’une ride et sont pour beaucoup dans la réussite technique de l’album. Et puis bien sûr il y a les chansons, qui montrent un Souther au top de sa forme. Banging My Head Against The Moon ouvre le bal sur le pas chaloupé des guitares de Danny Kootch et Waddy Wachtel tandis que David Crosby et Art Garfunkel assurent des chœurs extatiques. Plus loin c’est Lowell George (Little Feat) qui fait office d’invité de luxe à la slide-guitar sur le funky à sa manière Midnight Prowl. If You Have Crying Eyes est un bouillonnant exercice soul dopé par les vocaux de Linda Ronstadt et la guitare électrique de Glenn Frey. Souther lui-même se surpasse vocalement sur un final bluesy assez osé. Silver Blue et Doors Swing Open rivalisent de classe, aux confins du jazz et d’une sorte de pop orchestrale, le premier irrigué par les pulsations de la basse du jazzman Stanley Clarke et le second percé par un stupéfiant solo du violoniste Charles Veal. Moins convaincante quoique sympathique, la chanson-titre a semble-t-il été uniquement conçue pour permettre à ses copains des Eagles de venir pousser la chansonnette. Enfin Souther reprend deux morceaux initialement écrits pour Linda Ronstadt mais n’y voyez pas du remplissage : ses versions sont 1000 fois supérieures à celles enregistrées par sa petite amie. Le romantique Faithless Love (voir la vidéo ici) reprend vie par la force du chant subtil de Souther et atteint des sommets de beauté grâce à l’orchestration de David Campbell. Simple Man, Simple Dream est une grande chanson dans l’éclat, justement, de sa simplicité : à peine 1 minute 50 au compteur, les violons et cuivres rangés au placard, une steel-guitare sobre, le souffle discret d’une basse et quelques notes de piano suffisent à l’habiller. Même si elle ne manque pas d’ironie à décrire les mérites d’une vie simple de la part de Souther, personnage au combien compliqué. Beaucoup présente cette chanson comme la meilleure de tout le répertoire de Souther et je ne peux qu’approuver : pour moi c’est l’une des plus belles chansons de tous les temps. Celle capable de vous faire tomber amoureux de la musique de John David Souther.

 JD Souther - Simple Man, Simple Dream
 JD Souther - Silver Blue


- You're Only Lonely (Columbia, 1979)

Les morceaux: You´re Only Lonely, If You Dont Want My Love, The Last In Love, White Rhythm And Blues, ´Til The Bars Burn Down, The Moon Just Turned Blue, Songs Of Love, Fifteen Bucks & Trouble In Paradise.
Les musiciens: John David Souther, Waddy Wachtel, Don Grolnick, Kenny Edwards, Rick Marotta, Danny Kortchmar, David Sanborn, Dan Dugmore, Jorge Calderon, Phil Everly, Jai Winding, Mike Botts, Don Felder, Fred Tackett, John Sebastian & Tom Scott.

La patience aura finalement payé. Avec You're Only Lonely, Souther décroche enfin un succès commercial, principalement dû au morceau-titre qui se classa très haut dans les charts. Souther produit seul mais il reconnaîtra plus tard la précieuse aide fournie par Don Henley et Glenn Frey, qui ne furent pas crédités. Outre les deux Eagles, le casting est moins rutilant que sur Black Rose. On notera tout de même la présence de Phil Everly (Everly Brothers), John Sebastian (Lovin’ Spoonful) et Jackson Browne sur White Rhythm and Blues. Sur la forme, le single You’re Only Lonely (voir la vidéo ici) est un hommage avoué et réussi à Roy Orbison, une des idoles de Souther, qui en son temps enregistra un tube au titre proche, Only The Lonely. Sur le fond, c’est une chanson écrite des années plus tôt pour réconforter une petite amie éloignée par la distance - devinez qui -, Linda Ronstadt. Le reste de l’album est à l’avenant. Soit un soft-rock direct et efficace, dénué des ambitions des albums précédents, mais toujours au service d’un songwriting de haute volée. Certes les ballades ne s’embarrassent plus des élégantes subtilités du passé (The Last in Love) et les morceaux enlevés n’y vont plus par quatre chemin (’Til The Bars Burn Down, Fifteen Bucks). Souther n’est plus tant l’amoureux tourmenté que le chanteur fleur bleue. Mais il serait malhonnête de bouder son plaisir à l’écoute de White Rhythm And Blues, ne serait-ce que pour ses quelques beaux couplets qui font mouche, de résister au charme hillbilly de The Moon Just Turned Blue, ou de négliger Songs Of Love, qui aurait eu fière allure dans l’écrin doré deBlack Rose. Sur la couverture, on voit Souther tout aussi accablé qu’à l’époque de John David Souther mais retournez la pochette et c’est un J.D. aux yeux de braise qui vous tient du regard, les clés de sa décapotable qui scintillent à la main. Voilà qui résume bien You're Only Lonely.

 JD Souther - You’re Only Lonely


- Home By Dawn (Warner, 1984)

Les morceaux: Home By Dawn, Go Ahead And Rain, Say You Will, I´ll Take Care Of You, All For You, Night, Don´t Know What I´m Gonna Do, Bad News Travels Fast & All I Want.
Les musiciens: J.D. Souther, Don Henley, Linda Ronstadt, Timothy B. Schmit, Waddy Wachtel, Billy Walker, Vince Melamed, Josh Leo, David Hungate, Randy McCormick & Steve Goldstein.

Arrivant trop tard pour capitaliser sur le succès de You're Only Lonely, la sortie de Home By Dawn ne fit pas grand bruit. Passez outre les oripeaux de production très datée eighties, et vous découvrez une petite flopée de morceaux assez réussie, prouvant que, 12 ans après ses débuts, Souther était encore un songwriter plein de ressources. Le but avoué du chanteur était de faire un disque rockabilly et le morceau-titre qui ouvre Home By Dawn ne le fait pas mentir. Night et son refrain percutant sont du même tonneau fifties, le clinquant yuppie en plus. Son numéro de bourreau des coeurs, tour à tour cruel et doux, marche à plein sur les ballades, comme toujours fort présentes. Aériennes et lentes, I’ll Take Care Of You et All I Want se distinguent de All For You et Go Head And Rain (voir la vidéo), qui se placent dans un style tout orbisonien plus familier à Souther. Et puis il y a Bad News Travel Fast, belle tranche d’heroic rock taillée pour les stades que Souther ne remplira jamais, et qu’on jugera indigeste ou savoureuse selon son degré d’indulgence, un guilty pleasure en quelque sorte. C’était la première fois que Souther concevait un album dans le but d’en faire un disque commercial mais Home By Dawnse révéla un nouvel échec. Le résultat artistique également le laisse dépité, la faute selon lui au producteur David Malloy. C’est sur ce constat amer qu’il décide de mettre un terme à sa carrière.

 JD Souther - Go Ahead & Rain

Le grand retour après 24 ans!

Durant les 25 années qui suivent, Souther disparaît de la circulation, faisant reparler de lui à quelques rares occasions. On le verra notamment goûter à une de ses passions de jeunesse, la comédie. Un petit rôle dans la série Thirtysomething, un caméo dans le film Always de Spielberg, quelques films indépendants, et une apparition dans My Girl 2, pas de quoi marquer durablement l’histoire du 7ème art. Mais il peut toujours compter sur quelques amis pour l’occuper : il écrit Heart of the Matter avec Don Henley pour son album End Of The Innocence (1989), collabore avec Robin Zander (ex-Cheap Trick) pour son premier album solo (1993) et se fait entendre sur des albums de David Crosby, Jimmy Webb, CS&N... Plus notable, sa collaboration au concert enregistré Black & White Night de Roy Orbison où il se charge des arrangements vocaux en réunissant autour de son idole de toujours kd lang, Jackson Browne, Bonnie Raitt, Bruce Springsteen, Tom Waits, Jennifer Warnes et Elvis Costello. L’expérience se poursuivra dans l’écriture de deux morceaux qui figureront sur l’album posthume d’Orbison, King of Hearts (1992). Souther réalise un autre rêve en écrivant une chanson avec Brian Wilson, Where Has Love Been ?, pour son album Imagination (1998).

Relocalisé à Nashville, J.D. Souther s’est fait plus actif ces derniers temps. On l’a ainsi vu crédité sur un album de Jim Lauderdale l’année dernière (Bluegrass Diaries). Mieux, sous l’impulsion de son ami le songwriter texan Rodney Crowell, Souther a repris le chemin des studios et sorti un EP fin 2007, Possible Weather. (un extrait est en écoute sur sa page MySpace) Et comme un bonheur n’arrive jamais seul, un nouvel album complet sort le 14 octobre de la même année! Enregistré avec un ensemble de jazz, If The World Was You comprend une pièce finale longue de 13 minutes intitulée The Secret Handshake Of Fate. On peut découvrir un sublime morceau The Border Guard (en écoute sur sa page myspace). De quoi raviver l’excitation des fans, qui au terme de cet exposé seront je l’espère plus nombreux et impatients de voir s’écrire un nouveau chapitre de la légende.


Un album enregistré en direct en studio avec un quintet de jazz et sorti le 14 Octobre sur Slow Curve.
Les musiciens : J.D. Souther Guitar, Sax (Tenor), Producer- Sylvia Elana Garcia Choir, Chorus, Soloist - Dan Immel Bass - Jim Mayer Bass - Chris Walters Piano - Jim White Percussion, Drums - Rod McGaha Trumpet - Jeff Coffin Flute, Saxophone, Sax (Alto), Sax (Soprano), Sax (Tenor) - Béla Fleck Banjo- Marie Vanel Borderon Background Vocals - Marisol LaBoy Background Vocals

Voici la liste des chansons toutes écrites par J.D. Souther

1) I'll Be Here At Closing Time 3:38 (voir la vidéo ici)
2) House Of Pride 3:16
3) Journey Down The Nile 4:46
4) One More Night 4:18
5) In My Arms Tonight 4:22
6) Rain 5:03
7) A Chorus of Your Own 6:19
8) The Border Guard 4:26
9) Brown (Osaka Story) 5:49
10) Come On Up 4:20
11) The Secret Handshake Of Fate 12:56

 

DERNIERE MINUTE:

Le 6 octobre 2009, J.D Souther sortira le premier enregistrement Live de sa carrière. La sortie uniquement en digital sortira sur itunes et comprendra des chansons passées et présentes de J.D. parmi lesquelles You're Only Lonely, House Of Pride et New Kid In Town. Le concert enregistré au mythique Belcourt Theatre de Nashville, Tennessee comprend des performances solos et avec le groupe qui a contribué à l'enregitrement de l'album studio le plus récent de J.D. If The Wolrd Was You.


Cinq questions à J.D. Souther, un singer-songwriter natif de Detroit

Par Ben Edmonds- traduction Samuel Légitimus

13 novembre 2008

 

QUESTION: Qu’est ce qui vous a poussé à orienter votre nouvel album vers le jazz?

REPONSE: J’étais fatigué de faire des disques à la guitare. Je voulais tenter quelque chose de différent, et je voulais aussi m’améliorer dans ce que je fais. J'ai passé beaucoup de temps à lire et à écrire de la poésie, et à me réhabituer à la musique que je jouais en tant que batteur dans ma période entre 12 et 22 ans. J'ai grandi dans une maison entourée de piles de disques de jazz de chez Blue Note, Prestige et Verve. Mes parents étaient des enfants de l'ère swing, mon père a été chanteur dans un big band. Donc un album comme celui-ci a été probablement repoussé depuis longtemps.

Q: Comment un batteur de jazz finit-il par devenir un singer-songwriter de country-rock?

R: Je ne pense pas avoir tenu une guitare jusqu'à mes 22 ans. Je suis venu en Californie en tant que batteur, et quelqu'un dans mon groupe a laissé traîné sans surveillance une guitare acoustique. Je l’ai attrapé et c’était parti. Alors que j’apprenais à jouer, nous écoutions tous de la country musique pour la première fois. Bien que quelque chose dans la voix de Hank Williams m’ait toujours paralysé, mon exposition à la musique country était assez limitée. J'ai grandi au Texas, mais mes parents n'aimaient pas la musique country. Lorsque j'ai rencontré Linda Ronstadt, elle m'a éduqué sur les endroits d’où cette musique provenait – The Louvin Brothers, the Stanley Brothers, the Carter family, et, bien sûr, George Jones, l'un des plus grands chanteurs soul de tous les temps. Vous deviez également considérer Bob Dylan, qui a tout ouvert.

Q: La bande de L.A avec qui vous traîniez était vouée à réussir, mais également à faire des œuvres superbes et durables.

R: Car c’était l'objectif dès le début. J'ai eu la chance de faire partie d'une très grande classe d’étudiants en compositions: Jackson Browne, Judee Sill, Warren Zevon, Glenn Frey et Don Henley. Nous étions probablement là pour nous impressionner les uns les autres autant que n’importe quoi d’autres. Nous avons une bonne équipe - tout le monde mettait quelque chose sur la table que les autres complétaient - mais il y avait une compétition intense. Nous ne souffrions pas volontiers de la présence d'imbéciles ou d'écrits stupide. Nous n'étions pas facile à contenter, et cela a probablement élevé la qualité des oeuvres.

Q: Vous recherchez encore à élever la qualité de votre musique, même si les Eagles reviennent avec une de vos anciennes chansons.

R: Je viens de récolter un prix ASCAP l'autre soir pour "How Long", et c'est merveilleusement étrange et réconfortant de voir mes amis de retour dans les charts avec une chanson que j'ai écrit quand j'étais en colère contre le Vietnam. Mais "Journey Down the Nile" sur le nouvel album a été, en fait, commencé à la même période. Chacune de ces chansons est différente. Par exemple, le morceau qui clôt l’album "The Secret Handshake of Fate" est la seule fois où la chanson a jamais été jouée. Il s'agissait simplement d'un poème à deux strophes. "J'ai dit aux gars: "J'ai une idée, essayez de me suivre." J'ai écrit une autre strophe. Nous avons créé la ligne musicale et nous nous sommes lancés. Cela sonnait tellement bien que nous avons continué à jouer (pendant près de 13 minutes). Ce fut la montagne-surprise que nous avons escaladée à la fin de l'enregistrement, et une expérience ultime pour tous les musiciens présents.

Q: Vous êtes parti de Détroit très jeune. La plupart de vos souvenirs de Detroit sont-ils prénataux?

R: Nous n’avons pas déménagé avant que j’ai eu 3 ans, j’ai donc un amas stupéfiant de souvenirs. Mais rien d’aussi profond que le fait de devoir partager mon enfance dans une maison avec un fan irréductible des équipes des Tigers et des Red Wings. Mon père un originaire de Detroit, et donc, après avoir déménagé, nous nous réjouissions à distance des victoires des Red Wings et nous subissions durement les défaites de Tigers. L'été dernier? La démolition du stade des Tigers? S'il vous plaît, n’évoquez même pas ce fait devant moi.

 


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