David
Lasley raconte l'enregistrement d'October Road
Traduction par Sam Légitimus
avec l'aimable autorisation de David Lasley - voir son site très
sympa : www.davidlasley.com
Où
cette année a-t-elle filé? Nous voici déjà
au mois d'août. Los Angeles en été. ville
chaude, Summer In The City, à travers à peu près
tous Les Etats-Unis. Trop chaud. Il faisait beaucoup plus frais
ici en février dernier, lorsque nous avons enregistré
les churs pour October Road, le nouveau CD de James Taylor,
qui vient juste de paraître.

En fait, je me rappelle quel temps agréable nous avons
eu pour la session, qui était supposée durer trois
jours, mais qui, en fait, fut réduite à deux. le
planning n'a pas arrêté d'être modifié
et il a bien fallu plusieurs douzaine d'appels téléphoniques
entre les choristes et le coordonnateur de production pour réussir
à confirmer la première date.
J'ai eu beaucoup de mal à dormir les quelques nuits qui
précédèrent la première session. J'ai
beau chanter avec James depuis 1977, il n'est pas inhabituel pour
moi de me sentir nerveux en studio avec lui. Le nombre d'artistes
pour lesquels j'ai prêté ma voix au cours des années
doit se compter en centaines d'unité - mais chanter pour
James n'est pas comme chanter pour "Joe Shmo." Le fait
de le connaître depuis toutes ces années, d'avoir
passé tout ce temps avec lui sur la route, d'avoir partagé
avec lui tout un tas d'anecdotes n'arrange rien à la nervosité
que je ressens lorsque j'enregistre avec lui. Cela ne me détend
pas plus. Ça aurait plutôt tendance à me rendre
plus nerveux ; tout ça parce que je me soucie constamment
d'être le chanteur idéal pour la chanson. J'ai le
soucis de faire de mon mieux, de réaliser ce qu'il espère
de ma part, bien qu'il ne s'exprime jamais à ce propos.
Je me suis réveillé assez tôt le jour de la
première session, un mercredi. J'ai pénétré
dans le parking de studio d'enregistrement un peu avant 11h00,
en même temps que Kate (Markowitz). Arnold (McCuller) est
arrivé un peu après. Tandis que je sortais de ma
voiture et que je me dirigeais vers le bâtiment, des flash-backs
me revinrent à l'esprit des nombreuses fois où je
suis venu travailler ici pour quantité de chanteurs, dont
Luther Vandross, Barbra Streisand, Jennifer Warnes, Donna Summer
et plusieurs, plusieurs autres. J'ai même enregistré
dans ces locaux les morceaux de mon propre album RAINDANCE en
1984.
Nous
attendaient à l'intérieur : Russ Titelman - le producteur
- deux ingénieurs, le coordonnateur de production et James,
qui semblait heureux et en parfaite santé. Dès que
nous nous sommes aperçu l'un l'autre, il m'a salué
et m'a lancé comme une blague : "J'espère que
tu es en bonne forme vocale, David. Tu vas devoir assurer les
parties aigues sur ce disque." Kate et moi nous sommes regardés
et sommes partis dans un éclat de rire. Mais il s'est avéré
que ce n'était pas une blague.

Que je
vous explique : Au tout début, lorsque j'ai commencé
à chanter avec James, en 1977, il n'y avait qu'Arnold et
moi comme choriste. Pour la plupart des churs, Arnold assumait
les notes basse de l'harmonie, je chantais les aigues (avec ma
voix de falsetto) et James chantait les médiums. Exemple
: Sur l'album Dad Loves His Work, pour les morceaux sur lesquels
Arnold et moi devions assurer les choeurs - Hard Times , London
Town , Only For Me , I Will Follow et Stand And Fight - on peut
parfaitement distinguer la voix basse d'Arnold et ma voix aigue,
surtout sur Hard Times.
Au cours des 12 dernières années, le nombre de choristes
a augmenté et les harmonies se sont enrichies du support
vocale de Kate et Valérie (Carter). Lorsque nous chantons
avec James en tournée, nous essayons de chanter dans notre
registre le plus confortable, c'est-à-dire dans celui où
dans lequel notre voix se sent le mieux. En ce qui me concerne,
j'utilise généralement mon falsetto plutôt
que ma voix de poitrine et je chante les notes mediums, plutôt
que les basses, les filles se partageant les notes aigues et Arnold
conservant les notes basses. Dans une chanson comme That's Why
I'm Here, par exemple, je chante les mediums de l'harmonie celle
qui se trouvent entre les voix des filles et celle d'Arnold, car
c'est la position la plus confortable pour ma voix.
Bien
entendu, ce modèle varie. Sur Not Fade Away, Val et moi
nous partageons les notes aigues, et Kate et Arnold se partagent
de la même façon les notes basses. Un autre morceau
qui présente une variation dans le rôle je m'attribue
d'habitude est Shed a Little Light, sur lequel j'utilise surtout
de ma voix de poitrine, mais également mon falsetto, alternant
d'une voix à l'autre. (J'adore chanter cette chanson, mais
il me faut vraiment être en bonne forme vocale, à
cause de l'alternance de la voix haute et la voix basse. J'apprécie
particulièrement lorsque James décide de placer
ce morceau vers le milieu ou vers la fin du concert, car ainsi,
au moment de l'interpréter, ma voix a eu le temps de se
chauffer.)
Quoiqu'il en soit, même lorsque nous suivons le modèle
habituel - Arnold dans les basses, David dans les mediums et Kate/Val
dans les aigues", il nous arrive de permuter. C'est ce que
je trouve si intéressant avec notre quatuor - nous sommes
tous capables (grâce à notre maîtrise des gammes)
de chanter indifféremment les notes d'harmonies aigues,
mediums ou basses, ce qui très peu commun, surtout dans
un mélange de voix masculines et féminines. Il y
a des groupes de choeurs où les hommes chantent comme des
hommes - basse - et les femmes chantent comme des femmes - aigue.
Mais Arnold, Kate, Val et moi pouvons chacun chanter dans un très
large éventail - nous possédons toutes les notes.
Ce qui permet un permutation de nos rôles habituels lorsqu'une
variation sonne mieux.

Donc,
lorsqu'au début de la session, James a mentionné
le chant en aigue, je pense que c'est ce qu'il avait en tête.
Il avait dans l'idée de changer les rôles habituels
que nous avions joués pendant ces 12 dernières années.
Cela lui donnerait ainsi la possibilité de superposer les
harmonies du nouvel album d'une manière un peu différente
cette fois et de tester plus souvent nos capacités respectives
sur des notes différentes. Autrement dit, Arnold chanterait
comme d'habitude les basses à un certain endroit mais,
dans un autre, il devrait assurer les aigues. James a aussi tenté
d'autres choses, comme nous faire chanter à tous la même
note aigue, la même note medium et la même note basse,
comme sur la fin de September Grass. Et il m'a fallu utiliser
à la fois mon falsetto et ma voix de poitrine comme sur
Belfast à Boston et On The 4th of July . Il semblait que
la session allait être assez différente de toutes
celles que nous avions faites jusqu'à présent avec
lui.

L'humeur
dans le studio était enjouée, mais teintée
d'une certaine anxiété à l'idée de
la tâche qui nous attendait et, comme il s'avéra,
il nous fallut travailler très dur et très rapidement.
À cette étape de l'enregistrement, ils avaient déjà
achevé d'enregistrer dans l'Est les morceaux et les voix
lead, et étaient venus ici, à Los Angeles, pour
ajouter des choeurs et des parties supplémentaires de guitare,
de clavier et de percussion.
Pendant les répétitions pour la tournée 2001,
nous avions pu écouter certains morceaux à l'état
brut :On The Fourth of July, Raised Up Family,Whenever You're
Ready, Caroline I See You et Carry Me On My Way, et nous avons
appris les harmonies de toutes sauf celles de Caroline I See You
. Néanmoins, jusqu'à cette session, ce furent les
seules chansons du prochain album que nous connaissions.
Avant que nous ne commencions à travailler sur les choeurs,
Russ, James et les ingénieurs ont tenu à terminer
un doublage piano sur Mean Old Man. Tandis qu'ils écoutaient
la bande, je me rappelle avoir pensé, "quelle superbe,
superbe chanson!" Et m'être demandé quand James
avait bien pu trouver le temps de l'écrire.
Nous
sommes tous entrés dans la cabine de contrôle pour
écouter notre première chanson du jour, Raised Up
Family que nous avions chanté live pendant toute la tournée.
Cependant, lorsqu'ils nous ont joué le morceau enregistrée,
il différait légèrement de l'arrangement
live, et donc la plupart de nos harmonies de tournée ne
convenaient pas. Nous avons écouté attentivement
- et plusieurs fois - le morceau qui contenait et la musique et
la voix de James. James nous a appris les nouvelles parties vocales
en chantant sur la bande et après quelques tours, Kate,
Arnold et moi l'avons rejoint avec nos parties respectives.

Une fois
que nous avons appris l'harmonie, nous sommes entrés tous
les trois dans le studio, tandis que James et Russ sont restés
dans la cabine de contrôle. Au lieu d'utiliser les trois
micros prévus, nous avons décidé de chanter
dans un unique micro afin que nos voix puissent mieux se mêler.
Si je me rappelle bien, Kate se tenait au milieu, avec Arnold
à sa gauche et moi à sa droite, ma place préféré,
allez savoir pourquoi. Pendant la session, nous avons de temps
en temps permuté nos positions, surtout lorsque nous répétions
certains passages, et afin d'obtenir un mélange différent
de nos voix.
Certains pensent que les choristes se contente simplement de chanter
tout au long d'un morceau, du début à la fin. Mais
un enregistrement ne se déroule pas de cette façon.
Nous sectionnons le morceau en phrases et nous enregistrons une
phrase à la fois, à peu près dans l'ordre
ou elles apparaissent dans la chanson. Par exemple, sur Raised
Up Family, nous avons travaillé pendant un temps uniquement
sur la phrase "Thinkin' 'bout my cousin." James nous
l'a fait enregistrer une fois dans nos harmonies respectives et
ensuite nous l'avons doublé, ce qui signifie que nous avons
de nouveau enregistré les mêmes voix afin qu' il
puisse "les empiler", c'est à dire, réunir
les deux pistes à trois voix pour obtenir un son plus dense.
Tandis que nous chantions, il était agréable - comme
ça l'est toujours - d'observer le sourire de James à
travers la vitre de la cabine de contrôle, ou son signe
de tête approbateur lorsqu' il aime ce qu'il est en train
d'entendre.
Ensuite ce fut Whenever You're Ready, une chanson que nous avons
chantée au début de la tournée, mais que
James a retiré, probablement à cause de la longueur
du concert. Nous n'avons donc jamais eu la chance, pendant la
tournée, de mettre au point nos harmonies vocales sur ce
morceau, mais à la session, tout s'est mis en place. James
et Russ semblait vraiment heureux de la manière dont les
churs sont sortis sur cette chanson.

La chanson
suivante, On the 4th of July nous était plus familière,
car nous l'avions chanté pendant toute la tournée,
bien qu'encore une fois, certaines des parties que nous avions
mise au point pour le concert ne collaient plus vraiment avec
l'arrangement pour le disque. En concert, nous étions quatre
choristes et peu importe la puissance de nos voix en concert,
nous étions juste quatre voix. Mais sur un enregistrement,
peu importe le nombre de chanteurs, les voix peuvent être
multipliées en empilant les pistes. Ainsi, dans ce cas,
nos trois voix pourraient devenir six voix, neuf voix, ou plus.
Nous avons essayé beaucoup de choses différentes,
comme l'harmonie à trois voix (Kate chantant les aigues,
moi les mediums et Arnold les basses) et la même combinaison
doublé pour un son plus dense. Nous avons aussi essayé
une version avec nous trois chantant les aigues sur une piste,
les mediums sur une deuxième, et les basses sur une troisième,
et ensuite la fusion des trois pour aboutir à un choeur
de trois parties de voix. Cela leur permettait également
de choisir entre une piste de Kate/Arnold/David sur la même
note et une autre piste avec Kate/Arnold/David dans notre harmonie
à trois voix. Ça offrait plus d'un son choral et
la capacité de trier et choisir l'épaisseur de son
ils souhaitaient pour la texture vocale - un peu moins pour plus
d'intimité, et vice versa.
Nous avons terminé de travailler aux environs de minuit.
J'étais vraiment épuisé, et je suis donc
rentré directement à la maison pour récupérer
le plus possible avant l'appel de midi, le jour suivant.

Le matin,
nous avons commencé par "September Grass", chanson
écrite par John Sheldon, que nous avions interprété
à de nombreuses reprises, au cours des années, au
moment des répétition de tournées. Mais je
n'avais jamais encore entendu le morceau dans ce nouvel arrangement
magnifique. J'aime vraiment les harmonies que nous avons réussi
à faire dessus.
Ensuite James m'a complètement soufflé lorsqu'il
a joué "My Traveling Star" qui, je pense, est
la chanson que je préfère de celles qu'il a écrites
depuis peu. James chantait déjà les harmonies avec
lui-même sur la bande . Ces harmonies étaient complexe,
aussi, plutôt que repasser et repasser la bande jusqu'à
ce que nous soyons en mesure de les déchiffrer, il a sorti
sa guitare et nous a joués les parties une à une.
Nous avons commencé à enregistrer et lorsque le
premier chur a été achevé, on nous
ont fait prendre une pause-dîner. Après bien des
discussions et l'écoute des harmonies de James avec lui-même,
ils a finalement été décidé que pour
le moment, le morceau resterait fidèle aux harmonies que
James avait déjà chanté. J'ai pensé
que ça donnait au morceau un feeling plus intime, comme
ceux que Russ avait produit pour James il y a quelques années
sur " Gorilla " et " In The Pocket ". C'est
très beau et j'aime beaucoup ce morceau. J'étais
heureux que nous soyons arrivés à en apprendre les
harmonies. Et bien que nous ne les chantions pas sur l'album,
je pense que que celles-ci sonnent très bien.

A un
certain moment, durant la pause-dîner, j'ai montré
à Russ trois CD que j'avais apporté à la
session. C'étaient des compilations de groupes féminins
sorties en Grande-Bretagne, qui contenaient beaucoup de chansons
que Russ avait écrites, y compris "I Never Dreamed"
par les Cookies. Il a semblé joliment surexcité
et a dit, "Ces disques sont géniaux. Je connaissais
deux des trois , mais pas le troisième." Nous avons
demandé à James si nous pouvions prendre une minute
pour écouter "I Never Dreamed" et James a dit
: "Sûr !". Nous avons donc tous écouté.
Je suis alors parti, comme d'habitude, sur une de mes tangentes
de churs féminins et j'ai commencé à
chanter chaque face "B" connu par l'homme. C'était
plus fort que moi, désolé!! Nous sommes toujours
à Hollywood, après tout, le foyer de Phil Spector.
Lorsque
j'ai remis les CD du groupe de filles dans mon sac, j'ai aperçu
mon CD Back To Blue-Eyed Soul que j'avais apporté pour
James. J'avais essayé de lui en offrir une copie pendant
toute la tournée, mais n'avais jamais trouvé le
bon moment. Cet instant, cependant, semblait parfait, puisque
que nous venions tout juste de parler de ces chansons d'il y a
longtemps, qui ont beaucoup inspirées l'album Back To Blue-Eyed
Soul, une rétrospective de ma carrière. Quand je
lui ai donné le CD, il a regardé les photos dans
le livret de CD et a ri sous cape à certaines de celle
qui étaient retro.
En attendant, on nous
a informé que nous allions ensuite chanter sur "Belfast
to Boston." Après avoir fini de m'étrangler
avec mon potage de poulet, j'ai cru qu'ils plaisantaient, parce
que James joue ce morceau depuis 1998 et il le chante toujours
seul. Mais ils étaient sérieux. J'étais familier
avec la chanson, mais n'en avais pas vraiment étudié
le phrasé. Ils ont passé la bande et il y avait
déjà un choeur qui chantait avec James sur l'enregistrement.
J'étais choqué d'entendre combien le phrasé
était complexe, et j'ai dû écrire les paroles
et les casser ligne par ligne pour les exprimer correctement.
C'était très difficile, mais ça a finalement
payé. Quand j'entends la version définitive aujourd'hui,
les choeurs rappellent des gens assis dans un pub et qui chantent.
Ça ne ressemble pas à des choristes de studio et
je pense que c'est ce qu'ils recherchaient.

À
ce moment-là, après avoir terminé "Belfast",
il était très tard et j'avais la sensation d'avoir
chanté toute la journée - ce qui était le
cas. Nous avons pris une légère pause et avant que
je m'en rende compte, Arnold était parti et Kate était
sur le départ. James m'a dit, " David, ne t'en va
pas. Je voudrais te jouer ce truc et je voudrais que tu mettes
une petite partie d'harmonie là-dessus." Ce "
truc " s'est avérée être "October
Road" qu'à ce moment-là je n' imaginais pas
qu'il deviendrait le morceau-titre de l'album.

Nous
sommes entrés dans la cabine de contrôle et j'ai
écouté la chanson. James avait déjà
ajouté ses propres churs sur l'enregistrement, que
j'aimais beaucoup, et il voulait que j'y ajoute une harmonie plus
aigue. Tandis que je notais les mots et marquais les emplacements
où j'interviendrais, j'ai compris combien j'étais
fatigué et combien il était difficile de se concentrer
et je suis redevenu vraiment nerveux. Je me rappelle avoir souhaité
que l'on soit en début de la journée pour que je
sois plus frais pour cette chanson, mais je me suis également
rendu compte que j'étais aussi chauffé vocalement
que je pouvais l'être parce que j'avais chanté pendant
des heures.
Tandis que James et Russ demeuraient dans la cabine de contrôle
avec les ingénieurs de son, je suis allé tout seul
à l'intérieur du studio et me suis tenu devant le
micro. James voulait une harmonie à voix unique avec une
sorte d'inspiration"folklorique", j'ai donc utilisé
une sorte de son pincé au niveau de la partie nasale de
ma voix. Puisque je venais d'entendre la chanson pour la première
fois, les complexités de l'harmonie étaient un défi,
en particulier dans la section qui suit "Let the sun run
down behind the hill, I know how to stand there still, Till the
moon rise up behind the pine O' Lord." A la fin de ma prestation,
je n'étais sûr de la qualité de mon travail.
J'ai demandé à James s'il voulait que je rechante
ma partie lors de la session de choeurs de la semaine suivante,
mais il a dit, "Non, c'est excellent."
J'ai dit la bonne nuit et suis parti tandis qu'ils travaillaient
toujours sur d'autres parties de l'album. Tandis que je roulais
vers la maison, je me rendais compte que, malgré l'assurance
de James, je doutais encore de mon harmonie sur "October
Road". Puisque nous entrions à nouveau en studio,
le mardi suivant pour ajouter des choeurs sur " Carry Me
My Way," je décidais d'offrir de re-chanter "October
Road" à ce moment-là.

Le soir
suivant, vendredi, c'était la session de cordes et certains
d'entre nous avaient été invités à
venir faire un saut dans le studio. Cela se passait dans le Studio
B des disques Capitol, un lieu mythique dans lequel Sinatra et
Nat King Cole - et, probablement même, les Beatles - avaient
enregistré. Quand je suis arrivé là, Il était
environ 23h30. Il y avait environ 14 musiciens, peut-être
plus, avec l'arrangeur Dave Grusin, qui dirigeait mais je suis
arrivé trop tard pour les entendre et ils étaient
tous en train d'empaqueter. Mon chronométrage était,
cependant, parfait pour entendre ce qu'ils venaient de jouer.
Je suis entré dans le salle de contrôle et j'ai murmuré
un "salut" à chacun - le coordonnateur de production,
Russ, James et quelques autres - et j'ai écouté
le play -back à l'état brut de " Mean Old Man
" , " Caroline I See You " et " My Traveling
Star " J'ai pensé que c'était vraiment jolie,
vraiment luxuriant.
Puisque que James était vraiment occupé, j'ai décidé
de filer. Je voulais lui parler de la possibilité de refaire
mon harmonie sur " October Road ", mais, bien sûr,
le moment était mal choisi. Ça pourrait attendre
jusqu'à mardi.
Or, à ma grande déception, la session de mardi fut
annulée lorsqu'ils décidèrent, qu'après
tout, ils n'allaient pas ajouter nos voix sur " Carry Me
". Quand j'ai découvert la nouvelle, lundi soir, je
me suis rendu compte que je ferais mieux d'aller au studio immédiatement
pour dire au moins au revoir à James, et, certainement,
lui demander si je pouvais ajouter quoi que ce soit à la
chanson "October Road."

Il était
de nouveau très tard lorsque j'arrivai là-bas -
et croyez-moi, je ne suis pas d'habitude le genre "oiseau
de nuit." Michel Landau faisait un doublage de guitare sur
ce qui s'avéra être "Baby Buffalo." A la
fin de sa prestation - qui s'avéra également être
la fin de la séance - j'ai demandé à James,
"Tu crois que mon harmonie sur ' October Road' est valable?
Je suis juste un peu inquiet à ce propos." Il a répondu,
"Non, c'est excellent," comme il l'avait déjà
fait lorsque je lui avais posé la même question pendant
la session originale. Il a ajouté, "je l'aime beaucoup.
Écoute, nous allons te jouer le morceau" Les ingénieurs
ont arrêté ce qu'ils étaient en train de faire
et ils ont mis la bande tandis que James réglait les niveaux.
A l'écoute du morceau, j'ai compris ce qu'il avait en tête
et me suis rendu compte que ça sonnait agréable.
Je suis vraiment heureux d'avoir eu l'opportunité de chanter
sur "October Road" avec James. Bien que mon chant d'harmonie
ajoute simplement un peu de couleur, de feeling ou d'attitude
à la chanson (plutôt qu'elle ne constitue une grande,
grande partie de chant), le morceau s'est avéré
être un de mes favoris sur l'album.
Quoiqu'il en soit, j'ai fais mes adieux et suis parti, me sentant
mieux à propos de tout et pressé d'écouter
le CD dans sa version finale, ce qui n'allait pas - je le savais
- se produire avant des mois.

Cependant,
avant qu'October Road ne sorte, j'ai de nouveau chanter avec James
au mois de mai, aux Récompenses annuelles ASCAP de Musique
Pop où il a reçu la Récompense spéciale
des Fondateurs. Kate, Arnold et moi avons interprété
deux chansons pendant le programme, "I Was a Fool to Care"
avec Shawn Colvin et "Something In The Way She Moves"
avec James.
C'était amusant. Mais la soirée a été
plus mémorable pour mon infortune de vêtements que
pour quoi que ce soit d'autres. Je portais un costume tuxedo italien
long, noir et à fermeture éclair, sur une chemise
blanche brillante. Juste avant que nous n'interprétions
" Something " avec James, la fermeture éclair
s'est cassée. J'ai réussi tant bien que mal à
la remonter jusqu'au col qui commençait à environ
trois pouces au-dessus de l'ourlet. C'était assez terrible,
mais tandis que nous chantions, comme je me déplaçais,
la fermeture éclair de la veste a commencée à
s'ouvrir lentement et bizarrement, toute seule. Chaque fois que
je reprenais mon haleine, elle descendait d'un autre demi-pouce.
Au moment où la chanson s'est achevée, elle était
descendue quasiment jusqu'en bas. La seule chose qui l'a empêché
de se déchirer et d'aller frapper le globe oculaire de
quiconque - et qui m'a sauvé d'une complète mortification
- était qu'elle s'est arrêté juste au-dessus
de la place près de l'ourlet où elle s'était
coincée en premier lieu. Something in the Way IT Moves,
en effet! Je ne vous parlerai même pas du globe de miel
qui est resté coincé dans ma gorge.
En sortant, je me suis heurté à Ben, le fils de
James . C'était bon de le voir. Nous avons parlé
un peu parler de son prochain album, mais il en ignorait, à
ce moment-là, la date de sortie.

Un peu
plus de deux mois après, au début du mois d'août,
j'ai finalement mis la main sur une copie d'October Road. Il était
intéressant d'entendre les mixage et les choeurs qu'ils
avaient choisis. Je ne suis pas sûr des combinaisons de
voix qu'ils ont utilisé pour certaines sections, mais il
est amusant de jouer un petit jeu - le jeu du choriste "Nommez
le Chanteur" - alors que je me demande, "quelle est
la partie que je chante, ici ? Y a-t-il une partie de moi ? Y
en a-t-il deux? Est -ce moi, ou est-ce Kate ? Ou Arnold ?
La copie d'avance que j'avais reçue ne contenait que le
disque lui-même et ce n'est que le mardi 13 août que
je suis entré au magasin de disques Amoeba et j'ai acquis
l'Édition Limitée actuelle un double CD avec cette
superbe photo de James sur la couverture. C'est le meilleur packaging
de CD que j'ai vu depuis longtemps par n'importe quel artiste.
Encore un album de James Taylor à ajouter à ma collection.
En commençant avec " Flag ", j'ai chanté
depuis sur chaque disque de JT - " Dad Loves His Work ",
" That's Why I'm Here ", " Never Die Young ",
" New Moon Shine ", " Live ", " Hourglass
", et maintenant, " October Road ". Et, sûr
que j'aurais souhaité être dans les parages pour
chanter sur " Gorilla ".
Voyez-vous, en plus d'être le choriste de James, je suis
également un de ses grand fan. Je dois dire qu'il est vraiment
difficile de choisir mon album préféré de
lui - mais " October Road " en est très proche.