|
Pensées de David Lasley sur
Luther Vandross
7 juillet 2005

Luther Vandross s’est éteint vendredi. Je répète: Luther Vandross est
mort.
Je rentre à peine chez moi que je reçois un appel de Myrna,
qui est aussi proche de Luther que moi. Elle m'apprend une horrible
rumeur. Je lui lance du tac au tac: "Pas Luther!" Et elle
de répondre: "Si, Luther !"
Nous sommes restés en ligne, sans avoir ni l’un ni l’autre quoi faire,
surtout que nous ne voulions pas faire circuler – encore moins croire –
quelque nouvelle qui ne serait pas exacte.
J’ai reçu d’autres messages de personnes qui pensaient avoir
entendu quelque chose, et puis, peu après, quelqu’un a appelé pour
vérifier que c’était bien sur une radio du New Jersey qu’il avait entendu
dire que Luther Vandross venait de s’éteindre, alors nous sûmes que c’était
vrai.
Luther Vandross est autant un frère pour moi que mon propre frère
biologique. Je le connais depuis 1973. Il est impossible d’exprimer
combien nous étions proches et combien je suis dévasté par cette perte.
Nous avons fait ensemble des zillions de sessions de studios.
Il a chanté sur mes disques, et j’ai fais les choeurs sur beaucoup de ses
disques. Nous apprécions le même genre de chanteuses: the
Shirelles, the Sweet Inspirations, Cissy, Whitney, the Blossoms, Dionne, Aretha,
the Supremes, Dusty Springfield, Chaka, Patti, Cheryl L., Dee Dee, Judy
C., Erma, Carolyn, Madeline B., Doris T., Moeretha, Martha W., et tant d’autres…
Luther était LE plus grand arrangeur de choeurs qui ait jamais
vécu. Il n’écrivait pas ces arrangements. Il les créait sur place. Ceux-ci
sortaient de sa tête et de son cœur. Il était aussi à l’aise avec trois choristes
qu’avec treize. Il aimait chanter pour des artistes comme Aretha,
Dionne et Roberta, mais il était aussi à l’aise avec d’autres artistes
comme Cat Stevens ou David Bowie, Todd Rundgren ou Chic, Sister
Sledge ou Roxy Music, Donna Summer ou Barbra Streisand. Luther pouvait
sortir d’un studio où il avait enregistré la chanson du message publicitaire pour l’Armée
de Réserve et entrer dans un autre pour chanter pour Pavarotti… ou
Loretta Lynn en la circonstance.
J’ai rencontré Luther à une soirée d’anniversaire d’Andre
DeShields. (cette même nuit, j'ai rencontré Allee Willis ainsi que Fonzi
Thornton, je crois.) Luther et moi avons commencé à parler ensemble,
et nous nous sommes mis à discuter de nos deux groupes respectifs de l’époque,
« Luther” pour lui et « Rosie » pour moi. Je me souviens
lui avoir apporté le premier album de Rosie avec "Roll Me Through
the Rushes" dessus (Better Late Than Never) afin d’avoir son
opinion sur le mixage final. Plus tard - même si nous nous
connaissions à l’époque depuis un peu plus de deux ans - nous avons fais notre
première session ensemble. Arif Mardin avait engagé Luther, Dianne Sumler
et moi pour faire les chœurs sur deux chansons du singer-songwriter Andy
Pratt.
Luther et moi avons continuéà chanter ensemble pour Garland Jeffreys,
Streisand et Summer, Chic, Sister Sledge, Roxy Music, Bionic Boogie,
David Spinozza, et même... Naomi Campbell!
Nous avons écris notre première chanson ensemble en 1979:"Too
Much Commotion, Not Enough Emotion," et puis "'Scuse Me While I
Fall in Love," qui fut un gros tube R&B pour Donna
Washington. Lorsqu’on l'engageait, ses rapports de sessions
étaient tellement nets et méticuleux ( alors que les miens étaient si
bordéliques) ! Nous ne nous soucions de rien du moment qu’on était
payé… mais, dans le même temps, nous ne pouvions nous empêcher de courir
dans un magasin de disque pour écouter le produit final sitôt que celui-ci
était sur le marché. Ce n’était jamais juste pour l’argent!
Bref, peu après, Luther a décroché un énorme success solo avec “Never
Too Much”, et vous connaisez la suite en grande partie.
Ce que vous ne savez peut-être pas, cependant, c’est combien Luther
pouvait être tendre et prévenant et loyal et brillant... Avant que je le
connaisse, il a étudié à l’Université
Kalamazzo dans le Michigan
pour être ingénieur. C’était un immense comédien comique sur et
hors de scène. C’était un oncle fabuleux, un fils génial pour sa mère
et un super petit frère. C’était un ami fantastique qui ne se
souciait pas seulement de moi mais aussi de ma famille. Il pouvait citer
les noms de mes nièces et de mes neveux, ainsi que de leurs enfants,
probablement par ordre chronologique. Il a emmené une fois mon neveu
Stevie à un combat de boxe (la chose préférée au monde de Stevie) au
Madison Square Garden, parce que j’avais besoin d’un garde d’enfants le temps que je fasse une session.
J’aimerais pouvoir partager avec vous tous les incroyables
souvenirs que j’ai de lui, mais veuillez me pardonner parce, pour vous
dire la vérité, mon esprit est comme une grande tâche floue, pleine de
vacarme assourdissant. Nous avons effectué des tonnes de dates d’enregistrements ensemble, et je n’arrive pas à me rappeler de dix. J’ai,
pour sûr, verser beaucoup de larmes depuis vendredi - beaucoup trop! - mais,
demanière ironique, la seule chose qui me
console, c’est justement celle que je pensais ne pas pouvoir faire dans l'immédiat : mettre ses CD dans le lecteur et les écouter. La
première chanson que j’ai passé lorsque j’ai appris la nouvelle de sa
mort c’est ”Little Miracles (Happen Every Day."
Au début de juillet 2003, lorsque j’étais à New York en tournée avec
James Taylor, le Seigneur m’a
béni – et merci FT !! - car Phillip
Ballou et moi sommes allés rendre visite à Luther. Je suis resté
avec lui huit ou neuf heures, tout un dimanche. Nous avons passé ses
vieux disques et le tout nouveau (Dance With My Father). Nous avons ri
et parlé et simplement apprécié – oh, combien ! - la compagnie l’un de
l’autre.
Après avoir quitté la tournée au mois d’août, je me suis dirigé
vers le mid-west et, en
chemin, m’est venue l’idée d’enregistrer un album des morceaux de Luther. Mon petit cadeau à moi! Ma nièce Debbie m’a
aide dans la phase de pré-production, et nous avons choisi 18 originaux
ou chansons de lui interprétées par d'autres que j’avais l’intention d'enregistrer. Donc, en septembre,
de retour à Los Angeles, je suis entré directement en studio et j’ai
enregistré "Any Love" ,"So Amazing,", "Little
Miracles" et une superbe chansons par Dionne et The Spinners, la face B de « Then Came
You" intitulée "Just As Long As We Have Love." La
session s’est superbement déroulée (Bobby Watson à la basse, Doug Yowell à
la batterie, etc.)
Après avoir enregistré les quatre chansons, j’ai réalisé que j’avais
eu les yeux plus gros que le ventre, et je garde le projet de finir un jour cet album. Encore plus aujourd’hui! Mais il me faudra un peu de temps pour le
réaliser.
J’ai toujours su combien les chansons de Luther étaient
incroyables – si complexes et difficiles à chanter, tellement difficiles, en fait,
qu'il m'a fallu arrêter le projet, et pendant deux ans, je l’ai régulièrement "revisité".
Je sais que "Any Love" fonctionne et un de ces jours, je
sortirais ma version et peut-être plus.
Même si j’ai chanté les chœurs sur nombre de chansons de Luther pendant
des années, ce que j’ai réalisé en les enregistrant, c’est que, outre que cet homme
était brillant, ses chansons étaient hautement
complexes, inspirées et mélodieuses - unique comme seul Luther pouvait
l’être. Luther était LUTHER. Il n’y avait pas d’autre Luther
et il n’y aura pas certainement pas d'autre. Je pense que ses disques
devraient être en écoute obligatoires dans les bibliothèques et les
écoles. Je le pense vraiment.
Il chantait depuis un endroit tellement profound en lui que certaines
fois, je n’étais pas sûr qu’il savait lui-même d’où ça lui venait. Mais
ce que je sais, c’est que chaque fois qu’il pensait avoir réussi une bonne prise ou qu’il
avait mis en boite la version definitive de son nouveau CD, le Seigneur
me bénissait une nouvelle fois et Luther se garait dans mon allée,
faisait retentir le klaxon de sa Mercedes et disait : "David, viens
écouter ça !" j’avais un siège à l’avant près du chauffeur et j’avais droit à quelque chose que très peu de gens sur la planète avait
encore écouté. Quelquefois, ma voix apparaissait sur ces enregistrements, et
quelquefois, non. Ce n’était pas l'important. L'important, c’est que
nous parlions le même langage, un genre de steno. Si Luther
lançait simplement Shirley (des Shirelles) ou Myrna, ou Cissy (des
Sweets), ou Darlene, ou Fanita (des Blossoms), ou Estelle, ou Sylvia, je
savais exactement quelle sonorité il recherchait. De même, lorsqu’il
lançait Googie, ou Paulette, ou Brenda, ou Phillip, ou Valerie P. ou Fonzi, ou
Michelle, ou B.J, ou Daryl, ou Dennis, ou Ada D., ou Fred W., ou Gene V.B., ou
Ava C. ,ou Ula, ou Lisa, ou Kevin, ou Alfa, ou Tawatha, ou Robin. Je savais
simplement de quoi il parlait. (petite parenthèse: ça fait à peine trois
mois que Phillip Ballou nous a quitté et j’essaie encore de récupérer de
cette perte!)
Je me souviens d’un samedi matin en Californie, lors d'un petit-déjeûner avec ma mère, Luther
et moi au Beverly Hills Café. Je n’avais jamais
vu maman rire autant de toute sa vie. Parfois, je pense que Luther
était la réincarnation de Jackie Gleason. (Je sais qu’il adorait ce programme à la télé ainsi que The Jeffersons). Et je sais que ce qu’il
aimait le plus au monde, c’était chanter, chanter pour le monde,
et la musique était sa plus grande joie et son plus grand don. Cet homme
me manquera à jamais!
Ma plus profonde pensée va à la mère de Luther et à tous ses
parents et sa famille étendue: ses musiciens, ses chanteurs et ses
collègues sur scène. Ainsi qu’à Ray, Paul, Nat, Marcus, Skip,
Brenda, Kevin, Valerie P. , Debi McDuffie, Marsha Burns et tous ceux que j'oublie,
car je sais combien la perte est immense pour eux tous.
Même si, certains jours, ne pas tourner avec James Taylor me manque,
je remercie Dieu une nouvelle fois de ne pas être actuellement en tournée cette
année, car avec le décès de Luther, je n’aurais tout simplement pas été capable de tenir
le coup. Il m’aurait fallu retourner chez moi. C’est le genre de tristesse
que je ressens aujourd'hui, et je remercie Dieu, car c’est l'endroit où je suis – chez moi,
en sécurité et triste, mais néanmoins convaincu que Luther repose - finalement – en
paix ! Quelque
part “On The Other Side Of The World." (“A l’autre bout du
monde”)
Pensées d'Arnold McCuller sur Luther Vandross
1er Juillet 2005
Je suis assis dans ma chambre d'hotel après que James ait annoncé la nouvelle juste avant que nous entamions" You Can Close Your Eyes", c'est que Luther était un ami à moi de très longue date et je sais combien il va nous manquer. Il était étrange d'entendre le soupir collectif du public parce nombre d'entre eux n'avaient pas encore appris la nouvelle. Nous avons alors chanté la chanson, et la seule chose qui m'a permis d'aller jusqu'au bout, c'est la pensée qu'il était à présent dans un meilleur endroit, et combien c'était un talent fabuleux.
J'aurai vraiment souhaité avoir l'opportunité de lui rendre visite après son attaque, mais je suis également heureux de pouvoir me souvenir de lui heureux et en bonne. santé
Je me rappelle les dîners de Thanksgiving, les classes particulières de claquettes (trop de rires et trop de bon moments) nos nombreuse sessions d'enregistrement avec David Lasley, Phillip Ballou, Fred White, et tant d'autres merveilleux choristes.
Dieu nous protège tous.
Arnold
5 juillet 2005
Je vais faire le voyage jusqu'à NY vendredi pour rendre mes hommages. Je suis si content d'être assez près pour m'y rendre et retourner à temps pour le concert du soir. Ce sera un jour difficile, mais je vais être présent. Pour l'adieu final, pour David et pour notre vieil ami Phil Ballou. |