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Interview exclusive d’Arnold McCuller pour le C.A.J.T
    Le 3 avril 2003 - veille du concert de JT à Paris Olympia

arnold withcajt

Traffic Jam est assurément le terme le plus approprié pour cette journée dans les embouteillages ou se mêlèrent à la fois tension, impatience et surtout... excitation ! Le schéma de la journée était pourtant tout tracé: tout avait été prévu dans les moindres détails. Manque de pot, en raison d’une grève des transports, ce fut plutôt la galère pour arriver à nos fins !
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Nous avions obtenu depuis plus d'un mois l’accord d’Arnold pour cet interview et Tee, notre amie américaine, m'avait fait parvenir un message d’Amsterdam me disant qu’elle arriverait à la gare du Nord au train de 14h, qu’elle avait rencontré notre homme à Brighton et que tout était prévu pour l’interview. Je devais donc appeler l'appeler sur son portable pour savoir où celle-ci aurait lieu, à quelle heure, et surtout quel nom il nous fallait donner à l'accueil !

Où? Le Royal Monceau. Quand?
A partir de16 heures. Qui demander? Un certain Mister B…..W…. ! Telles étaient les instructions !

Je ne remercierais jamais assez Eric pour la façon dont il a su éviter tous les pièges de la circulation ce qui aurait équivalu à un véritable fiasco pour notre rendez-vous! En fait, il devait d'abord aller chercher Tom et Brigitte qui arrivaient de Thionville à 11h30 à la Gare de l’Est puis les conduire dans le 12ème arrondissement et revenir à la Gare de Nord ou nous avions tous les trois rendez-vous avec Sam pour accueillir Tee, notre ambassadrice.

J’arrivai tant bien que mal à la gare avec une heure à l’avance, Eric me fit savoir qu’il était, lui aussi dans les parages et que le temps de garer la voiture il serait là dans quelques instants.

Voie 12, le train d’Amsterdam avait 20 minutes de retard ce qui - au vue de ce que nous allions endurer par la suite- était insignifiant !

Sam -tout comme Tom et Brigitte - étaient bloqués chez eux par la grève et devaient nous rejoindre au Royal Monceau !

J’allais enfin rencontrer celle avec qui nous avions, virtuellement, nous avions tissé des liens d’amitié très intenses depuis quatre ans. Après les présentations d’usage, Eric et moi devions accompagner Tee à son hôtel proche du carrefour Châteaudun distant de 800 m de la gare . Il nous fallu, enf ait environ 1 heure pour nous y rendre !!!

Après un coup de fil à l’hôtel des stars, nous nous dirigeâmes avenue Hoche et après avoir passé encore deux heures en voiture à écouter en boucle October Road , nous sommes enfin arrivés !

Tom et Brigitte, définitivement bloqué, ne put malheureusement pas se rendre au lieu du rendez-vous. Sam, quant à lui, réussit à nous rejoindre !

Le temps pour Tee de faire un peu de shopping (dont un poisson de Paques en chocolat pour James et des pistaches pour Arnold!) et d’immortaliser en photo cette équipe de journalistes improvisés que nous étions, nous étions fin prêts pour pénétrer dans ce lieu mythique !

En attendant Arnold, Jimmy Johnson (le bassiste de JT) au caractère toujours très effacé, vint nous saluer déclinant par timidité les quelques questions que nous aurions pu lui poser.

Enfin descendant le grand escalier, Arnold nous apparut quelque peu fatigué mais chaleureux au possible, accompagné de l’adorable George Marinnelli, nouveau guitariste électrique de la tournée, qui se joignit à nous pour ce qui restera un grand souvenir.

L’interview pouvait donc commencer !...

Serge

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George, Serge, Eric, Arnold, Sam et Tee

Peux-tu nous expliquer ce qui t’as amené à devenir un chanteur professionnel ?

Je n’ai pas eu le choix! (rire) Ma mère était chanteuse, mon père était chanteur, donc je suis devenu chanteur aussi. C’est tout ce que je sais faire.

Tu es à la fois un chanteur reconnu pour ton travail de choriste derrière de grands artistes (JT, Phil Collins,Bonnie Raitt,Luther Vandross, Lyle Lovett, Jackson Browne, Ry Cooder, etc...) Mais tu as également – et ce, depuis plus de dix ans – ta propre carrière solo. Quelle distinction fais-tu entre ces deux aspects de ton travail ?

C’est complètement différent, vous savez… Mon travail solo est personnel mais mon travail avec James Taylor et Phil Collins est un boulot... Quand je travaille sur mes propres projets, je fais ce que j’aime. Ce sont des choses qui viennent de moi. C’est toujours du splendide boulot avec JT et Phil – mais cela ne vient pas « de moi », cela vient « d’eux ». Je ne fais qu’apporter mon soutien.

Et ça fait longtemps que tu travailles avec James ?

Oui, mais pas au quotidien – on fait quelques semaines ici et là, on fait une tournée… Mais il n’y a jamais assez de temps pour ma carrière personnelle – J’aimerais avoir plus de temps pour ça !

Tu as dis un jour qu’avec Phil Collins, vos rapports étaient presque exclusivement professionnels, que ce n’était pas ce qu’on pouvait appeler une réelle amitié. Est-ce différent avec JT ?

Bien sûr que oui, à cause de la longévité de notre relation. Après 27 ans, je me sens plus proche de James et nous avons plus de choses en commun.. Nous avons le même âge, un expérience similaire – Je connais bien Phil aussi, mais je me sens plus proche de James, juste un petit peu plus proche.


Que peux-tu dire de la voix de JT, comparée à celles des autres grandes chanteurs avec qui tu as travaillé?

La voix de James? Elle est unique. Il est devenu une référence américaine. Il est devenu une légende américaine et en tant que chanteur je crois qu’il s’est bonifié avec l’âge. Sa voix est très pure, très musicale, très stylistique et elle est parfaitement maîtrisée. Il sait comment utiliser sa voix.

Et comment travailles-tu la tienne ? Y a-t-il des règles ou des techniques que tu utilises pour entretenir ou parfaire ta technique vocale ?

Je fais des vocalises avant de chanter. Chaque jour que je chante, je fais des vocalises. J’ai une cassette d’entraînement avec laquelle je travaille. J’ai un professeur de chant… donc je fais ça tous les jours.

Pour que ta voix s’améliore de plus en plus?

Non, simplement pour pouvoir chanter pour toujours.

Et avec l’âge, ta voix change-t-elle ?

Pas forcément. Si tu ne t’entraînes pas… c’est un muscle – c’est comme entraîner un muscle. Et donc, si tu fais travailler le muscle, celui-ci reste en forme.

Il paraît que tu pratiques du sport avec JT pendant les tournées… Qu’en est-il de votre préparation vocale ?

Avant nous nous entraînions ensemble – Je lui montrais quelques exercices vocaux et il m’en montrait d’autres – Nous avons partagé cela quelquefois. Mais je m’isole habituellement dans une pièce et lui dans une autre.
Comme pour le sport, on s’entraîne parfois dans une salle de gym lorsqu’on est en tournée.

Qu’est ce qui te semble le plus difficile dans la technique vocale ?

La chose la plus difficile..? J’en sais rien. Je ne trouve rien de difficile!…. Non ! (rire) .. ce n’est qu’un question de travail.

Comment se passe le travail sur une nouvelle chanson ? les parties vocales sont-elles écrites à l’avance ?

Eh bien, ça dépend… Parfois, je travaille avec des gens qui ont des partitions - la musique déjà écrite. Avec d’autres, on travaille ensemble sur les accords – on crée la musique en commun. Ça varie, c’est une question difficile... Avec James, on travaille sur les parties vocales en même temps que sur la musique. On travaille dessus ensemble. Il se peut que j’arrive avec une idée.. Il dit « j’aime ça !..Ça fonctionne bien !!.. » - On partage...

JT fait depuis longtemps appel aux quatre mêmes choristes : Kate, Valérie, David et toi. Comment se passe la répartition des voix ?

Il y a deux chanteurs par partie. Les filles sur une partie, les garçons sur l’autre. Chaque partie peut avoir son propre ton ou ses propres vocaux mais généralement, il n’y a pas de différence de chant dans une partie.

Comment est née l’idée de ton magnifique solo dans «Shower The People»?

Je n’en ai aucune idée. C’est quelque chose que Don Grolnick et moi avons crée il y a des années. Je m’en souviens… mais je ne me rappelle pas du comment et du pourquoi ! (rire).

Il y a énormément de monde qui aiment à t’entendre interpréter ce solo…!

J’aimerais parfois ne pas avoir à le faire! (rire)

Le travail sur scène et en studio est-il très différent ?

Oui. Mais, je n’ai aucune préférence – j’aime vraiment les deux.


Que penses-tu des logiciels musicaux comme Cubase qui permettent d’ajuster et de corriger les parties des chansons ?

Je crois que c’est une bonne chose. C’est nécessaire parfois. Pour l’enregistrement de la musique, c’est absolument nécessaire.

Tu as participé, en 1985, au concert de JT pendant le 1er festival « Rock’In Rio ». James s’en souvient comme d’une véritable renaissance pour lui. Comment l’as-tu toi- même vécu?

C’était sympa. Rosemary Butler et Al Jarreau était sur cette tournée à Rio et George Benson également. Je me rappelle avoir pris l’avion avec lui – c’était vraiment chouette. Je me rappelle aussi être resté coincé dans un parking toute une nuit, essayant de rentrer à mon hôtel – c’était affreux. 300.000 personnes… affreux !

Certaines chansons de James que tu apprécies particulièrement comme « Don’t Be Sad », « Slow Burning Love », « Jump Up from your life », « First of May » sont rarement reprises en concert. Comment s’établit la setlist ?

La setlist comporte les chansons que James croit que ses fans veulent entendre et quelques unes qu’il n’a pas joué depuis longtemps. Souvent il essaie de jouer ces chansons mais il ne les conserve pas – c’est son choix. C’est totalement son choix. Il pense que tout le monde veut entendre «Carolina In My Mind »”, «You’ve got a friend», «Fire and rain»... On a beau lui dire : « C’est splendide, James, mais le public veut aussi entendre les autres chansons…».... Vous savez, la maison de disque, le management et ... tous les autres... Chacun a son avis.... Tout le monde dit : «Non, il faut faire ceci ....ou il faut faire cela…..» mais James finit par revenir à la même setlist !

Quels sont tes rapports avec la France et as tu déjà collaboré avec des artistes francophones?

Non. Je n’ai jamais collaboré avec un artiste francophone. Pas officiellement.

Y a t-il des artistes Francophones que tu aimes particulièrement et avec lesquels tu souhaiterais travailler ?

Je n’en connais aucun ! Je n’ai jamais vraiment eu l’opportunité de travailler avec des musiciens français. C’est juste que je n’ai jamais malheureusement pas beaucoup passé de temps ici.

En France, tu es surtout connu par des initiés, envisages-tu un jour une tournée européenne personnelle ?

Je l’espère. J’aurais besoin d’un public. J’aurais besoin d’avoir des disques dans les bacs et des chansons qui passent à la radio. Sans ces deux choses là, les gens ne viennent pas aux concerts.

Notre site Web est consacré à James Taylor mais nous essayons aussi de faire mieux connaître les artistes de même sensibilité. Que penses-tu des apports d’Internet et spécialement des nouvelles possibilités de partage de musique qu’il amène ?

Oui, c’est génial pour mieux faire connaître aux gens des personnes comme moi ou George Marinelli, vous savez.. ou Michael Landau… sans avoir besoin d’acheter mes disques, vous pouvez lire en ligne les noms des collaborateurs... Donc, oui, l’Internet est fabuleux !

Que penses-tu de la polémique qui existe par rapport à l’achat de la musique sur l’Internet…?

Je pense que ce n’est pas une bonne chose. Je pense que c’est mal. Je pense qu’il n’est pas bien d’acheter de la musique sur Internet et ne pas donner d’argent à l’artiste. C’est un vrai problème à mon avis…

 

Quels sont tes projets après cette tournée européenne de James Taylor ?

Elle est presque terminée. Il ne nous reste que deux concerts. Après la tournée ? Rentrer chez moi! Dormir ! (rire) J’ai un disque que j’ai enregistré en 1990 (chez Virgin Records) que je vais sortir confidentiellement. Je veux l’appeler “Arnold circa.1990”.

Sa date officielle de sortie ?

Je n’en sais rien – je prends mon temps... Je ne vendrais aucun de mes disques pendant notre tournée d’été (ndt :une cinquantaine de dates aux States du 23 juin au10 Octobre). Mais je pense le vendre par le biais de mon distributeur et sur mon site web. ( http://www.arnoldmcculler.com )

Avec tout ce que tu as pu faire, est-ce qu'il peut y avoir quand même certains regrets dans ta carriere ?

Non.... Non , absolument aucun regret

Merci énormément Arnold de nous avoir consacré un peu de ton temps.

Merci my friends and I hope to receive French lessons soon so I may speak for a longer time with you.


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