LE VIEIL
ADOLESCENT DU FOLK-ROCK NOUS REVIENT AVEC UNE REPRISE DE BUDDY
HOLLY.
James
Taylor is not très rich, but il a l'air d'un homme heureux.
Béat, même. Vu récemment sur une scène
de Babaland, alias Amsterdam, il rayonnait du haut de sa longue
carcasse de vieil adolescent, un sourire flottant aux lèvres,
le crâne dignement dégarni et la mise ultra-propre,
comme pour en rajouter.
C'est que ce brave James, folk-rocker doucereux ancré dans
les années soixante-dix, est régulièrement
passé de cure psy en désintox, au fil de ses succès
et bides, de ses tracas affectifs (la liaison orageuse avec sa
collègue féline et lippue Carly Simon restera dans
les annales).
Chez lui, aux Etats-Unis, James Taylor fut une star, une vraie,
une star de l'intimisme sur couvre-lit patchwork : ainsi Sweet
Baby James (son meilleur, en 1970) ou Mud Slide Slim furent des
classiques de chambre d'étudiants, un peu comme le Tapestry
de sa copine Carole King.
En Europe, il ne perça jamais ; toujours un peu à
côté de la plaque : moins doué que Paul Simon,
moins tragique que Léonard Cohen, moins nombreux que Crosby,
Stills & Nash, moins risqué que Neil Young, moins rock
que les Doobie Brothers
Le revoici maintenant presque quarantenaire, avec sa liquette
blanche, son nouvel album à promouvoir (That's Why I'm
Here - CBS) et ses vieux requins californiens (Dan Dugmore, Leland
Sklar). Son dernier simple est une reprise de Everyday de Buddy
Holly, une des plus belles et limpides chansons qui soient, qu'on
ne peut donc qu'abîmer. James Taylor est si courtois qu'il
ne parvient pas à l'abîmer tout à fait
FG