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Sweet James - (Libération, 1986 )
 

LE VIEIL ADOLESCENT DU FOLK-ROCK NOUS REVIENT AVEC UNE REPRISE DE BUDDY HOLLY.

James Taylor is not très rich, but il a l'air d'un homme heureux. Béat, même. Vu récemment sur une scène de Babaland, alias Amsterdam, il rayonnait du haut de sa longue carcasse de vieil adolescent, un sourire flottant aux lèvres, le crâne dignement dégarni et la mise ultra-propre, comme pour en rajouter.
C'est que ce brave James, folk-rocker doucereux ancré dans les années soixante-dix, est régulièrement passé de cure psy en désintox, au fil de ses succès et bides, de ses tracas affectifs (la liaison orageuse avec sa collègue féline et lippue Carly Simon restera dans les annales).
Chez lui, aux Etats-Unis, James Taylor fut une star, une vraie, une star de l'intimisme sur couvre-lit patchwork : ainsi Sweet Baby James (son meilleur, en 1970) ou Mud Slide Slim furent des classiques de chambre d'étudiants, un peu comme le Tapestry de sa copine Carole King.
En Europe, il ne perça jamais ; toujours un peu à côté de la plaque : moins doué que Paul Simon, moins tragique que Léonard Cohen, moins nombreux que Crosby, Stills & Nash, moins risqué que Neil Young, moins rock que les Doobie Brothers…
Le revoici maintenant presque quarantenaire, avec sa liquette blanche, son nouvel album à promouvoir (That's Why I'm Here - CBS) et ses vieux requins californiens (Dan Dugmore, Leland Sklar). Son dernier simple est une reprise de Everyday de Buddy Holly, une des plus belles et limpides chansons qui soient, qu'on ne peut donc qu'abîmer. James Taylor est si courtois qu'il ne parvient pas à l'abîmer tout à fait

FG


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