D'abord l'angoisse,
les ravages du temps : la silhouette voûtée d'un
chanteur sec comme une trique, son crâne déplumé
A l'image de son public (les aînés), James Taylor
a pris dix ans dans les gencives depuis sa dernière visite
en France. Un bail ! Ensuite le lent décollage, interminable
rodage acoustique en solo (" Sweet Baby James ", "
Fire And Rain ") dont l'intérêt majeur est de
nous rassurer sur l'état des cordes vocales du Bostonien.
Enfin l'allure de croisière, dès que l'escorte (princière)
du vieux héros débarque. Glissade country (Dan Dugmore,
subtil à la steel guitar), blues poids moyen (appuyé
des claviers de Bill Payne ex-Little Feat, mais cependant grosse
pointure), samba légère (" Only A Dream In
Rio ") ou rythm and blues (attisé par deux choriste
pulpeux)
James Taylor, égal à sa légende,
devait faire un tabac devant un Rex (sold out) soudain plongé
dans un troublant flash-back.
(Rock
& Folk)