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Traduction de la discussion en ligne avec James Taylor - (30/09/98 sur AOL)

 

Bienvenue à James Taylor pour Entertainment Asylum et AOL Live!

Quelle est le meilleur souvenir - et de loin - de votre carrière musicale ?

James Taylor: Il est difficile de répondre à ça. Etre en studio avec les Beatles en 1968. ce fut une sensation majeure. C'était en quelque sorte la réalisation d'un rêve devenu réalité.

Quand allez-vous sortir votre prochain album ?

JT : Je ne sais pas. Il ne sortira pas avant Septembre 99. Nous n'en sommes actuellement qu'à l'écriture des chansons. C'est difficile à dire. J'espère vers cette période mais il n'y a rien de sûr.

Comment vous est venu le titre de votre dernier album (Hourglass - Sablier) ?

JT : j'avais le titre à l'esprit depuis un certain temps. Cela semblait une bonne chose d'appeler un album ainsi. Celui-là en particulier. Comme un sablier, il marque le passage d'une heure qui passe, tandis que la musique se déroule.
Il y a aussi le fait que la taille étroite du sablier par où passent les grains de sable individuels me semble être une bonne illustration du concept du temps présent.

Quel est votre morceau favori de tous les temps ?

JT : Laissez-moi réfléchir à cette question…

A quel âge avez-vous commencé à jouer de la guitare, et, aimez-vous la guitare acoustique à 12 cordes ?

JT : J'ai commencé à jouer à l'âge de 12 ans. Je n'aime pas la 12 cordes. J'aime le son. Je n'en joue pas. Je ne suis pas très bon là-dessus.

Aimez-vous les tournées ?

JT : Les tournées, c'est le pied ! mais vers la fin, c'est dur. L'anticipation avant de partir sur les routes peut provoquer de l'anxiété. Je suis toujours heureux et triste à la fois, lorsque la tournée s'achève. Tout ce que je fais d'autre dans ma carrière ou professionnellement est très abstrait. Il y a quelque chose d'indéniablement concret dans le fait de jouer devant de vraies gens à un moment bien déterminé.

J'ai toujours adoré votre musique, elle arrive toujours à me changer mon humeur. Qu'est-ce qui vous a inspiré à écrire : " Shower the people you love with love/ déverse l'amour sur les gens que tu aimes " ?

JT : Je ne sais pas. Les chansons semblent sortir d'elles-mêmes. Cette chanson (shower the people) semble être un genre d'hymne universel à l'amour. Je ne suis pas certain de ce qui l'a générée. Elle est juste sortie.

J'ai remarqué que certaines des chansons que vous jouez, ont été influencées par - à défaut de meilleur terme - la période des marins. Exemple : " Frozen Man " " Water is Wide ". Y a t-il des antécédents nautiques dans votre famille ?

JT : Je pense bien.. Il y a longtemps dans les familles de ma mère et de mon père. Ils étaient originaires de l'Ecosse. Ils sont venus ici par bateau et possédaient des bateaux. Les deux frères qui ont fait la traversée. Ils vivaient de la navigation. Le père de ma mère était pécheur dans les environs du Massachusetts. Il a vécu près des berges et extrayait le poisson de la mer.

James, quelle fut la personne qui, dans votre enfance, vous a le plus influencé ?

JT : Mes parents, sans doute. En dehors d'eux, c'est difficile à dire. En grandissant, nous nous sommes sentis une famille très liée et très proche. Nous n'avions pas beaucoup de contact avec l'extérieur. A part mes parents, je pense que mon vieil ami Danny Kortchmar a été une influence. Il a été pendant longtemps crucial dans tout ce que j'ai fait. Je l'ai rencontré à l'âge de treize ans. J'ai fait avec lui mon premier boulot professionnel.

Quel artiste diriez-vous, qui vous a le plus impressionné musicalement au cours de ces cinq dernières années ?

JT : j écoute reaucoup la musique de Shawn Colvin.

Comment compareriez-vous le message de votre œuvre récente par rapport à votre œuvre passée ?

JT : Je ne sais pas. Il n'y a pas de lien conscient ou quelque chose qui relie ces choses entre elles. Elles arrivent par hasard. Il y a des motifs communs, mais je ne pense pas qu'il y ait de changements ou des traits identifiables. En terme de début et de fin… peut-être est-ce que j'évolue du strictement personnel vers le plus universel.

La guitare sur laquelle vous jouez est inhabituelle, n'est-ce pas ?

JT : C'est une Olsen. C'est James Olsen, qui vit à Saint-Paul, Minnesota, qui l'a fabriquée.

Aucun projet afin de réaliser votre chanson sur l'Irlande (from Belfast to Boston) en tant que single ? Si non, se trouvera t-elle sur un album ?

JT : Elle se trouve sur le DVD que nous venons de sortir. (Live At the Beacon Theater). Je n'ai pas l'intention de la sortir en tant que single. Il se peut qu'elle se trouve sur un album en faveur des victimes des récents attentats irlandais à la bombe. Je n'arrive plus à me rappeler le nom de la ville. Nous avons eu quelques discussions à ce sujet. Je suis favorable. Il se peut qu'elle se trouve aussi sur l'album sur lequel je travaille en ce moment.

Comment choisissez-vous les chansons à interpréter pendant un concert ? Ce que je veux dire, c'est que je préfèrerais entendre des chansons plus rarement jouées plutôt que Fire and Rain ou You've Got a Friend … Alors je crois que ma question est plutôt: quelle chanson aimez-vous interpréter en concert ?

je suis d'accord avec vous. J'ai comme réponse claire que le public veut entendre ces tubes. Il est toujours difficile de les retirer de mon répertoire. Généralement, j'aime jouer 1/3 de nouveautés, un 1/3 de mes chansons retravaillées ou de reprises d'autres chanteurs, et enfin 1/3 de ce que l'on pourrait appeler mes tubes. Il faut tracer une ligne entre garder les choses fraîches et rendre le public heureux en lui donnant ce qu'il est venu voir. S'il ne tenait qu'à moi, je retirerais quelques unes des chansons les plus prévisibles. Mais le public aime à les entendre, alors je continue à les jouer.

Avez-vous la sensation de défendre le processus créatif contre les périls de l'industrie musicale ?

JT : Oui. Je pense que c'est définitivement le problème. C'est une question pertinente. J'y pense souvent. J'ai eu de la chance de faire ce que je voulais faire. J'ai eu très peu de pression commerciale pour me conformer à la dernière mode. Il m'a été permis de rouler sur ma propre voie.

Avez-vous un endroit qui inspire votre écriture ou une pratique qui vous ouvre l'inspiration pour vous permettre d'écrire ?

JT : J'aime résider dans un endroit calme où je peux tomber dans une routine, ou écrire à certaines heures de la journée. A part cela, je n'ai pas de pratique particulière J'ai juste besoin d'espaces ouverts et calmes pour que les chansons puissent émerger. Se vider et justifier le temps.

Salut, James ! Vous êtes mon artiste favori. J'ai quatorze ans et beaucoup de personnes de mon âge ne savent même pas qui vous êtes. C'est une chose triste. Que pensez-vous du fait d'avoir ce (petit) public jeune ? cela vous ramène t-il à votre enfance ?

JT : je suis ravi que vous écoutiez et appréciez ma musique. Je suis désolé que vous vous sentiez seul dans ce cas. Mais je pense qu'il y a assez de monde qui apprécie ma musique. Avoir un public plus large ne me manque pas. Je ne connais pas l'âge de mon public. J'imagine qu'il y a une tendance pour mon public, tandis que le temps passe, à avoir le même âge que moi . Mais cela dépend vraiment de l'endroit où je joue. Il y a des fois, lorsque tu joues dans des villes universitaires, où ton public est composé d'énormément d'étudiants. Ou a Saint- Petersbourg durant l'hiver, tu as une foule plus âgée. Cela dépend, bien sûr. Certains amènent leurs enfants à mes concerts. Je remarque parfois des familles dans le public. C'est intéressant.

Quand repartez-vous en tournée ?

JT : je viens d'en terminer une cette été. Nous serons en Europe dans quelques mois. J'ai beaucoup tourné ces deux dernières années. Je ne crois pas être de retour sur la route avant Mai prochain et cela se passera en Europe. Peut-être l'année prochaine dans les Etats-Unis.

Avec quel artiste n'avez-vous jamais travaillé et avec lequel rêveriez-vous de collaborer?

JT : J'ai déjà travaillé avec quelques artistes exceptionnels.

Quels sont vos artistes musicaux favoris ?

JT : Ray Charles, je crois. Oui, Ray Charles. Il est difficile d'être meilleur que Ray.

Quand et qui vous a appris à jouer et à chanter ?

JT : Difficile à dire précisément. J'ai pris à droite et à gauche. J'avais l'habitude, à 14 ou 15 ans, de jouer des hymnes et des chansons de Noël. J'écoutais beaucoup de musiques folk et de Blues. C'est le premier style de musique que j'ai essayé de jouer. C'est ce que je copiais.

J'apprécie ce que vous partagez avec le monde. Avez-vous déjà chanté Gaia en public ? Cela aurait été merveilleux durant le concert de Philadelphie en faveur de Green Mountain !

JT : Ça aurait été chouette, vous avez raison. Je n'y ai pas pensé à l'époque. Nous l'avons jouée l'année d'avant, en 97.

Je suis natif de Caroline du Nord, et je me suis toujours demandé où vous étiez et ce qui précisément vous a inspiré pour écrire Carolina in my Mind.

JT : J'étais sur une île de la Méditerranée appelée Formentera. Je la parcourais à bicyclette. Je m'arrêtais de temps en temps et des parties de la chanson me venaient à l'esprit

Quel est votre mets préféré ?

j'aime un bon Linguini avec de la sauce à la palourde rouge. Je peux devenir injuste lorsqu'il est question de maïs tendre. J'aime aussi le caviar. Le Béluga.

Quels sont vos chansons préférées de tous les temps ?

JT : Je vais dire : Hit the road, Jack de Ray Charles, Till you come back to me d'Aretha Franklin. J'aime Penny Lane des Beatles et une chanson de Ry Cooder appelé The Tattler. Il y a en a des millions, en fait.

Quel est votre concert le plus mémorable ?

JT : Je crois que c'était à Rio de Janeiro en 1985. J'ai participé à un festival là-bas (Rock'In Rio) je n'avais jamais été au Brésil auparavant. C'était remarquable. C'était une expérience inconnue pour moi. J'ai également joué un concert en Irlande qui était vraiment passionnant. A Dublin . C'était génial.. Il y en a aussi des millions d'autres. Des tas des concerts où le public était debout. Il y a quelques années nous avons joué dans les gorges de Washington au milieu de nulle part dans une vigne qui surplombait la rivière Columbia. Le public est arrivé de partout et a campé là. Il y a avait une atmosphère incroyable là-bas. C'était si beau au milieu de ce paysage . C'est un boulot génial. Je ne sais quand je vais arrêter. Nous avons joué une fois à Florence, en Italie dans un théâtre antique, au centre de la ville. C'était le pied.

Si vous n'aviez pas été musicien, qu'auriez vous aimé pratiquer comme occupation ?

JT : Je serais paumé, je pense. Je ne pense pas avoir d'autres options. Peut-être pisciculteur. Elever et pêcher des poissons.

Il paraît que vous avez travaillé avec NRDC. Comment cela s'est produit et quels sont vos impressions ?

JT : Comme d'autres personnes, j'ai le sentiment qu'il y a une crise de l'environnement qui nous menace. L'activité humaine soumet la source de notre vie, et la source de toute vie - notre mère la Terre - à un effort. Elle est fascinante pour moi. Je ne peux pas m'en soustraire. Cela me concerne. Lorsque j'ai découvert l'existence de cette organisation qui semblait si efficace et prometteuse et obstinément au service d'une action implacable pour la protection et la conservation environnementale dans toutes les régions, et qu'ils m'ont demandé mon aide, j'ai ressenti un grand soulagement que ces gens puissent œuvrer comme ils le font. Cela m'a fait me sentir meilleur. Il y a quelque espoir que nous puissions nous réveiller et mettre de l'ordre dans nos priorités. Parfois cela semble désespéré. Je le fais parce cela me fait me sentir meilleur.

A quel date le DVD Hourglass va t-il sortir ?

JT : Il vient juste de sortir.

Avez-vous le projet de faire d'autres concert avec de grands orchestres ?
( j'ai apprécié votre concert avec Marvin Hamlisch et l'Orchestre Symphonique de Pittsburgh.)

JT : C'était un genre de galop d'essai expérimental. A la suite de çà nous avons fait deux mois de concerts en 95 avec l'orchestre. Je vais refaire çà dans un an. Je ne suis pas sûr de la taille qu'aura l'orchestre mais il y aura en fait plusieurs orchestres différents. Nous mettons la touche finale sur l'itinéraire.

Racontez-nous votre réaction lorsque vous avez reçu le Grammy !!!! (meilleur album pop de l'année 1997 pour Hourglass).

JT : On aurait pu m'assommer avec une plume. Cela m'était sorti de la tête. J'étais en Norvège, en tournée. C'était en Février. Je pratiquais un peu de ski dans une ville appelée Geielo. J'avais totalement occulté toute possibilité de gagner un prix. La nomination même était déjà pour moi plus que je ne pouvais espérer. On m'a appelé vers cinq heures du matin. Il était onze heures du soir aux USA, à l'heure des Grammys. Quelqu'un d'hystérique à l'autre bout du fil m'a dit que je venais de gagner ! J'écarte habituellement ce genre de récompense comme étant une chose sans intérêt. Mais c'est incroyable comme on change rapidement sa façon de penser lorsqu'on en gagne un. Cela faisait longtemps . J'en ai gagné deux dans les années soixante dix (pour You've Got a Friend, meilleur chanson pop de l'année 1971, et Handy Man, meilleur chanson pop de l'année 1977) Cela m'en fait trois si je ne fais pas d'erreur.

Et combien de Grammy avez-vous gagné ?

JT : Trois au total. Je voudrais vous remercier tous pour votre attention et votre intérêt ce soir. C'est ma toute première discussion en ligne. Je suis technologiquement retardé. C'est une première. Je comprends pourquoi les gens sont captivés par cet outil. Un de ces jours il nous faudra recommencer !

 


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