Bienvenue
à James Taylor pour Entertainment Asylum et AOL Live!
Quelle
est le meilleur souvenir - et de loin - de votre carrière
musicale ?
James Taylor: Il
est difficile de répondre à ça. Etre en
studio avec les Beatles en 1968. ce fut une sensation majeure.
C'était en quelque sorte la réalisation d'un rêve
devenu réalité.
Quand
allez-vous sortir votre prochain album ?
JT : Je ne sais pas.
Il ne sortira pas avant Septembre 99. Nous n'en sommes actuellement
qu'à l'écriture des chansons. C'est difficile
à dire. J'espère vers cette période mais
il n'y a rien de sûr.
Comment
vous est venu le titre de votre dernier album (Hourglass - Sablier)
?
JT : j'avais le titre
à l'esprit depuis un certain temps. Cela semblait une
bonne chose d'appeler un album ainsi. Celui-là en particulier.
Comme un sablier, il marque le passage d'une heure qui passe,
tandis que la musique se déroule.
Il y a aussi le fait que la taille étroite du sablier
par où passent les grains de sable individuels me semble
être une bonne illustration du concept du temps présent.
Quel
est votre morceau favori de tous les temps ?
JT : Laissez-moi
réfléchir à cette question
A
quel âge avez-vous commencé à jouer de la
guitare, et, aimez-vous la guitare acoustique à 12 cordes
?
JT : J'ai commencé
à jouer à l'âge de 12 ans. Je n'aime pas
la 12 cordes. J'aime le son. Je n'en joue pas. Je ne suis pas
très bon là-dessus.
Aimez-vous
les tournées ?
JT : Les tournées,
c'est le pied ! mais vers la fin, c'est dur. L'anticipation
avant de partir sur les routes peut provoquer de l'anxiété.
Je suis toujours heureux et triste à la fois, lorsque
la tournée s'achève. Tout ce que je fais d'autre
dans ma carrière ou professionnellement est très
abstrait. Il y a quelque chose d'indéniablement concret
dans le fait de jouer devant de vraies gens à un moment
bien déterminé.
J'ai
toujours adoré votre musique, elle arrive toujours à
me changer mon humeur. Qu'est-ce qui vous a inspiré à
écrire : " Shower the people you love with love/ déverse
l'amour sur les gens que tu aimes " ?
JT : Je ne sais pas.
Les chansons semblent sortir d'elles-mêmes. Cette chanson
(shower the people) semble être un genre d'hymne universel
à l'amour. Je ne suis pas certain de ce qui l'a générée.
Elle est juste sortie.
J'ai
remarqué que certaines des chansons que vous jouez, ont
été influencées par - à défaut
de meilleur terme - la période des marins. Exemple : "
Frozen Man " " Water is Wide ". Y a t-il des antécédents
nautiques dans votre famille ?
JT : Je pense bien..
Il y a longtemps dans les familles de ma mère et de mon
père. Ils étaient originaires de l'Ecosse. Ils
sont venus ici par bateau et possédaient des bateaux.
Les deux frères qui ont fait la traversée. Ils
vivaient de la navigation. Le père de ma mère
était pécheur dans les environs du Massachusetts.
Il a vécu près des berges et extrayait le poisson
de la mer.
James,
quelle fut la personne qui, dans votre enfance, vous a le plus
influencé ?
JT : Mes parents,
sans doute. En dehors d'eux, c'est difficile à dire.
En grandissant, nous nous sommes sentis une famille très
liée et très proche. Nous n'avions pas beaucoup
de contact avec l'extérieur. A part mes parents, je pense
que mon vieil ami Danny Kortchmar a été une influence.
Il a été pendant longtemps crucial dans tout ce
que j'ai fait. Je l'ai rencontré à l'âge
de treize ans. J'ai fait avec lui mon premier boulot professionnel.
Quel
artiste diriez-vous, qui vous a le plus impressionné musicalement
au cours de ces cinq dernières années ?
JT : j écoute
reaucoup la musique de Shawn Colvin.
Comment
compareriez-vous le message de votre uvre récente
par rapport à votre uvre passée ?
JT : Je ne sais pas.
Il n'y a pas de lien conscient ou quelque chose qui relie ces
choses entre elles. Elles arrivent par hasard. Il y a des motifs
communs, mais je ne pense pas qu'il y ait de changements ou
des traits identifiables. En terme de début et de fin
peut-être est-ce que j'évolue du strictement personnel
vers le plus universel.
La
guitare sur laquelle vous jouez est inhabituelle, n'est-ce pas
?
JT : C'est une Olsen.
C'est James Olsen, qui vit à Saint-Paul, Minnesota, qui
l'a fabriquée.
Aucun
projet afin de réaliser votre chanson sur l'Irlande (from
Belfast to Boston) en tant que single ? Si non, se trouvera t-elle
sur un album ?
JT : Elle se trouve
sur le DVD que nous venons de sortir. (Live At the Beacon Theater).
Je n'ai pas l'intention de la sortir en tant que single. Il
se peut qu'elle se trouve sur un album en faveur des victimes
des récents attentats irlandais à la bombe. Je
n'arrive plus à me rappeler le nom de la ville. Nous
avons eu quelques discussions à ce sujet. Je suis favorable.
Il se peut qu'elle se trouve aussi sur l'album sur lequel je
travaille en ce moment.
Comment
choisissez-vous les chansons à interpréter pendant
un concert ? Ce que je veux dire, c'est que je préfèrerais
entendre des chansons plus rarement jouées plutôt
que Fire and Rain ou You've Got a Friend
Alors je crois
que ma question est plutôt: quelle chanson aimez-vous interpréter
en concert ?
je suis d'accord
avec vous. J'ai comme réponse claire que le public veut
entendre ces tubes. Il est toujours difficile de les retirer
de mon répertoire. Généralement, j'aime
jouer 1/3 de nouveautés, un 1/3 de mes chansons retravaillées
ou de reprises d'autres chanteurs, et enfin 1/3 de ce que l'on
pourrait appeler mes tubes. Il faut tracer une ligne entre garder
les choses fraîches et rendre le public heureux en lui
donnant ce qu'il est venu voir. S'il ne tenait qu'à moi,
je retirerais quelques unes des chansons les plus prévisibles.
Mais le public aime à les entendre, alors je continue
à les jouer.
Avez-vous
la sensation de défendre le processus créatif contre
les périls de l'industrie musicale ?
JT : Oui. Je pense
que c'est définitivement le problème. C'est une
question pertinente. J'y pense souvent. J'ai eu de la chance
de faire ce que je voulais faire. J'ai eu très peu de
pression commerciale pour me conformer à la dernière
mode. Il m'a été permis de rouler sur ma propre
voie.
Avez-vous
un endroit qui inspire votre écriture ou une pratique qui
vous ouvre l'inspiration pour vous permettre d'écrire ?
JT : J'aime résider
dans un endroit calme où je peux tomber dans une routine,
ou écrire à certaines heures de la journée.
A part cela, je n'ai pas de pratique particulière J'ai
juste besoin d'espaces ouverts et calmes pour que les chansons
puissent émerger. Se vider et justifier le temps.
Salut,
James ! Vous êtes mon artiste favori. J'ai quatorze ans
et beaucoup de personnes de mon âge ne savent même
pas qui vous êtes. C'est une chose triste. Que pensez-vous
du fait d'avoir ce (petit) public jeune ? cela vous ramène
t-il à votre enfance ?
JT : je suis ravi
que vous écoutiez et appréciez ma musique. Je
suis désolé que vous vous sentiez seul dans ce
cas. Mais je pense qu'il y a assez de monde qui apprécie
ma musique. Avoir un public plus large ne me manque pas. Je
ne connais pas l'âge de mon public. J'imagine qu'il y
a une tendance pour mon public, tandis que le temps passe, à
avoir le même âge que moi . Mais cela dépend
vraiment de l'endroit où je joue. Il y a des fois, lorsque
tu joues dans des villes universitaires, où ton public
est composé d'énormément d'étudiants.
Ou a Saint- Petersbourg durant l'hiver, tu as une foule plus
âgée. Cela dépend, bien sûr. Certains
amènent leurs enfants à mes concerts. Je remarque
parfois des familles dans le public. C'est intéressant.
Quand
repartez-vous en tournée ?
JT : je viens d'en
terminer une cette été. Nous serons en Europe
dans quelques mois. J'ai beaucoup tourné ces deux dernières
années. Je ne crois pas être de retour sur la route
avant Mai prochain et cela se passera en Europe. Peut-être
l'année prochaine dans les Etats-Unis.
Avec
quel artiste n'avez-vous jamais travaillé et avec lequel
rêveriez-vous de collaborer?
JT : J'ai déjà
travaillé avec quelques artistes exceptionnels.
Quels
sont vos artistes musicaux favoris ?
JT : Ray Charles,
je crois. Oui, Ray Charles. Il est difficile d'être meilleur
que Ray.
Quand
et qui vous a appris à jouer et à chanter ?
JT : Difficile à
dire précisément. J'ai pris à droite et
à gauche. J'avais l'habitude, à 14 ou 15 ans,
de jouer des hymnes et des chansons de Noël. J'écoutais
beaucoup de musiques folk et de Blues. C'est le premier style
de musique que j'ai essayé de jouer. C'est ce que je
copiais.
J'apprécie
ce que vous partagez avec le monde. Avez-vous déjà
chanté Gaia en public ? Cela aurait été merveilleux
durant le concert de Philadelphie en faveur de Green Mountain
!
JT : Ça aurait
été chouette, vous avez raison. Je n'y ai pas
pensé à l'époque. Nous l'avons jouée
l'année d'avant, en 97.
Je
suis natif de Caroline du Nord, et je me suis toujours demandé
où vous étiez et ce qui précisément
vous a inspiré pour écrire Carolina in my Mind.
JT : J'étais
sur une île de la Méditerranée appelée
Formentera. Je la parcourais à bicyclette. Je m'arrêtais
de temps en temps et des parties de la chanson me venaient à
l'esprit
Quel
est votre mets préféré ?
j'aime un bon Linguini
avec de la sauce à la palourde rouge. Je peux devenir
injuste lorsqu'il est question de maïs tendre. J'aime aussi
le caviar. Le Béluga.
Quels
sont vos chansons préférées de tous les temps
?
JT : Je vais dire
: Hit the road, Jack de Ray Charles, Till you come back to me
d'Aretha Franklin. J'aime Penny Lane des Beatles et une chanson
de Ry Cooder appelé The Tattler. Il y a en a des millions,
en fait.
Quel
est votre concert le plus mémorable ?
JT : Je crois que
c'était à Rio de Janeiro en 1985. J'ai participé
à un festival là-bas (Rock'In Rio) je n'avais
jamais été au Brésil auparavant. C'était
remarquable. C'était une expérience inconnue pour
moi. J'ai également joué un concert en Irlande
qui était vraiment passionnant. A Dublin . C'était
génial.. Il y en a aussi des millions d'autres. Des tas
des concerts où le public était debout. Il y a
quelques années nous avons joué dans les gorges
de Washington au milieu de nulle part dans une vigne qui surplombait
la rivière Columbia. Le public est arrivé de partout
et a campé là. Il y a avait une atmosphère
incroyable là-bas. C'était si beau au milieu de
ce paysage . C'est un boulot génial. Je ne sais quand
je vais arrêter. Nous avons joué une fois à
Florence, en Italie dans un théâtre antique, au
centre de la ville. C'était le pied.
Si
vous n'aviez pas été musicien, qu'auriez vous aimé
pratiquer comme occupation ?
JT : Je serais paumé,
je pense. Je ne pense pas avoir d'autres options. Peut-être
pisciculteur. Elever et pêcher des poissons.
Il
paraît que vous avez travaillé avec NRDC. Comment
cela s'est produit et quels sont vos impressions ?
JT : Comme d'autres
personnes, j'ai le sentiment qu'il y a une crise de l'environnement
qui nous menace. L'activité humaine soumet la source
de notre vie, et la source de toute vie - notre mère
la Terre - à un effort. Elle est fascinante pour moi.
Je ne peux pas m'en soustraire. Cela me concerne. Lorsque j'ai
découvert l'existence de cette organisation qui semblait
si efficace et prometteuse et obstinément au service
d'une action implacable pour la protection et la conservation
environnementale dans toutes les régions, et qu'ils m'ont
demandé mon aide, j'ai ressenti un grand soulagement
que ces gens puissent uvrer comme ils le font. Cela m'a
fait me sentir meilleur. Il y a quelque espoir que nous puissions
nous réveiller et mettre de l'ordre dans nos priorités.
Parfois cela semble désespéré. Je le fais
parce cela me fait me sentir meilleur.
A
quel date le DVD Hourglass va t-il sortir ?
JT : Il vient juste
de sortir.
Avez-vous
le projet de faire d'autres concert avec de grands orchestres
?
( j'ai apprécié votre concert avec Marvin Hamlisch
et l'Orchestre Symphonique de Pittsburgh.)
JT : C'était
un genre de galop d'essai expérimental. A la suite de
çà nous avons fait deux mois de concerts en 95
avec l'orchestre. Je vais refaire çà dans un an.
Je ne suis pas sûr de la taille qu'aura l'orchestre mais
il y aura en fait plusieurs orchestres différents. Nous
mettons la touche finale sur l'itinéraire.
Racontez-nous
votre réaction lorsque vous avez reçu le Grammy
!!!! (meilleur album pop de l'année 1997 pour Hourglass).
JT : On aurait pu
m'assommer avec une plume. Cela m'était sorti de la tête.
J'étais en Norvège, en tournée. C'était
en Février. Je pratiquais un peu de ski dans une ville
appelée Geielo. J'avais totalement occulté toute
possibilité de gagner un prix. La nomination même
était déjà pour moi plus que je ne pouvais
espérer. On m'a appelé vers cinq heures du matin.
Il était onze heures du soir aux USA, à l'heure
des Grammys. Quelqu'un d'hystérique à l'autre
bout du fil m'a dit que je venais de gagner ! J'écarte
habituellement ce genre de récompense comme étant
une chose sans intérêt. Mais c'est incroyable comme
on change rapidement sa façon de penser lorsqu'on en
gagne un. Cela faisait longtemps . J'en ai gagné deux
dans les années soixante dix (pour You've Got a Friend,
meilleur chanson pop de l'année 1971, et Handy Man, meilleur
chanson pop de l'année 1977) Cela m'en fait trois si
je ne fais pas d'erreur.
Et
combien de Grammy avez-vous gagné ?
JT : Trois au total.
Je voudrais vous remercier tous pour votre attention et votre
intérêt ce soir. C'est ma toute première
discussion en ligne. Je suis technologiquement retardé.
C'est une première. Je comprends pourquoi les gens sont
captivés par cet outil. Un de ces jours il nous faudra
recommencer !