Concerts et coups de coeur

LE RETOUR DU GRAND RUBEN BLADES

Ruben Blades est un révolutionnaire de la Salsa : au-delà de son inimitable voix, ses textes engagés à la fois profonds et simples tranchent avec les habituels «ven a gozar mulata...», tandis que sa manière d'instrumentaliser la salsa et de la faire évoluer en l'ouvrant à différentes influences musicales font de lui un compositeur sans précédent.

Biographie Par François Viguié

Ruben Blades est né le 16 juillet 1948 dans la ville de Panama, dans le modeste quartier de San Felipe, d'une mère cubaine et d'un père d'origine colombienne. Il a aussi des origines européennes : anglaises du côté de son père et espagnoles du côté de sa mère. Il grandit dans une famille de musiciens ; sa mère est pianiste et chanteuse mais aussi actrice de soap opéras et son père percussionniste en plus d'être détective. Ruben déclarera «c'est lorsque je suis sorti de mon quartier que j'ai réalisé que nous étions pauvres». Dès l'âge de 13 ans, il commence à chanter avec les enfants de son quartier, influencé par le rock 'n roll qui prospère alors sur les ondes radio de la petite république centraméricaine.

1964 marque un tournant dans la vie du jeune chanteur : jusque là pro-américain dans ses idéaux comme dans ses goûts musicaux, les événements sanglants du mois de janvier 1964 qui se solderont par 25 morts, seront le point de départ de son «réveil politique». Il s'agissait bien sûr de l'affaire du canal de Panama que les américains entendaient alors contrôler.

Après cet épisode qui estompe sérieusement son « rêve américain », Ruben Blades délaisse le rock n' roll pour les musiques caribéennes, comme beaucoup d'autres jeunes panaméens. Il chante alors dans différents groupes comme El Conjunto Latino de Papi Arozamena, Los Salvajes del Ritmo ou Bush y sus magnificos. Mais il est alors encore avant tout étudiant en droit et ses professeurs le poussent à délaisser la musique pour mieux se consacrer à ses études.

En 1968, l'Université de Panama doit fermer sous la pression d'une révolte étudiante. Ruben Blades en profite pour partir à New-York, où la salsa est en pleine ébullition. C'est un moment décisif dans sa carrière de musicien. Il y rencontre Pancho Crystal, le producteur de Cheo Feliciano et de Joe Cuba, qui lui propose d'enregistrer un disque avec l'orchestre de Pete Rodriguez. L'album From Panama to New York sort en 1970 sans laisser d'inoubliables traces derrière lui. De retour au Panama, Ruben termine ses études de droit dans un climat politique tendu. Ses parents sont contraints de s'exiler à Miami et il ne tardera pas à les rejoindre car il ne veut en aucun cas être un avocat au service de la dictature. Puis il comprend vite que c'est à New-York que tout se passe et non à Miami. Lorsqu' il arrive à New-York, il est introduit dans le milieu par le percussionniste Roberto Roena et obtient un travail au sein du célèbre label Fania Records, qui rassemble alors les plus grands artistes de la salsa new-yorkaise. Il n'y fait pour l'instant que distribuer le courrier ! En quête d'un chanteur pour son orchestre Ray Barreto le remarque et l' engage. De cette collaboration naît l'album...

En 1976, Ruben Blades entre comme chanteur dans l'orchestre du tromboniste et arrangeur Willie Colon. Il remplace Hector Lavoe. Un coup d'éclat car il n'est pas donné à tout le monde de chanter aussi bien que ce dernier. Ruben Blades y parvient parfaitement et de cette collaboration avec Willie Colon naît l'album Metiendo mano (1977) puis le mythique Siembra (1978), dans lequel se trouve l'incontournable « Pedro Navaja », chanson qui constitue le véritable Hit de Ruben Blades.

En 1980, Ruben Blades découvre le monde du cinéma. Il devient acteur dans un petit film américain : The Last Flight de Fred Williamson. Cette première expérience est l'amorce d'une carrière parallèle de l'artiste dans le septième art qui l'amènera par la suite à jouer aux côtés d'acteurs comme Jack Nicholson ou Whoopi Goldberg. Blades partage également avec le chanteur Marc Anthony le rôle-titre de « Capeman» une comédie musicale écrite par Paul Simon pour BROADWAY.

En 1982, après six années aux côtés de Willie Colon, Ruben Blades fonde son propre orchestre: Seis del Solar. Mais étant toujours sous contrat avec la Fania, il aura de sérieuses difficultés à revendiquer son indépendance artistique... Avec Seis del Solar, Ruben va pouvoir exprimer ses préoccupations politiques et sociales à travers ses propres textes et s'éloigner du son de la salsa traditionnelle en empruntant des influences au rock et en n'utilisant pas de section de cuivres. Les albums Buscando America et Escenas (1985), pour lequel il recevra un Grammy, auront un immense succès en Amérique Latine et aux Etats-Unis.

En 1987, il publie Agua de Luna, un album inspiré de nouvelles de Gabriel García Marquez, avant que Seis del Solar ne devienne Son del Solar en intégrant une section de cuivres sans pour autant revenir à la salsa traditionnelle.

Alors qu'une grande partie du répertoire de Blades est dans en langue espagnole, il enregistre en 1988 un album en anglais, Nothing But the Truth, avec des chansons de Lou Reed, d’Elvis Costello, et de Sting.

En 1994, Ruben Blades se présente aux élections présidentielles du Panama. Le succès de sa campagne au budget très modeste, basée sur la lutte contre les inégalités et la véritable démocratisation du pays lui laissent entrevoir la possibilité de devenir Président. Mais il n'arrive officiellement que troisième à l'issue du scrutin, résultat contesté par le chanteur lui même qui estime être arrivé deuxième tandis que ses détracteurs dénoncent une manipulation électorale dirigée depuis les Etats-Unis... Après cet épisode politique, il se consacre pleinement à la musique tout en s'éloignant un peu plus encore de la Salsa et se voit offrir 3 Grammy pour trois différents albums : La Rosa de los vientos (1996), Tiempos (1999) et Mundo en (2002).

Les années 1990 sont relativement chargées musicalement pour Blades. Il sort de nombreux albums, dont Ruben Blades y Son del Solar ... Live! (1990), Caminando (1991), Amor y Control  (1994), La Rosa de los Vientos (1996), et Tiempos (1999).

En 2000, il est nommé ambassadeur aux Nation Unies et rencontre des étudiants pour dénoncer le racisme.

Dans la première décennie du 21ème siècle, Blades va calmer sae frénésie discographique en ne sortant que Mundo en 2002, The Live ! un DVD capté en concert en 2006, et De Panama a Nueva York  en 2008.

Il remporte trois Grammy Awards de suite avec: Rosa de los Vientos (1996), avec des musiciens panamanéens, Tiempos (1999) avec l'ensemble Editus, dans lequel il a incorpore des éléments de musique classique contemporaine et de jazz, et Mundo (2002), également avec l'ensemble Editus et d'autres artistes, fusionnant instruments et rythmes irlandais, arabes et afro-cubains.

Son discours et son statut lui offrent l’ultime confort de pouvoir faire les choses à sa façon. Tel un artisan, il fait sa musique et avec son show à la maison, SRDB (Show De Ruben Blades) sur son site internet - déjà 28 épisodes à visionner gratuitement! - il cultive le lien direct avec son public.

En 2004, il soutient le candidat Martin Torrijos à la présidence du Panama qui sera élu. Ruben Blades accepte alors le poste de Ministre du Tourisme du Panama, fonction ui le tiendra éloigné des studios d'enregistrement jusqu'à juin 2009 et la sortie ce mois de décembre de...

Cantares del Subdesarrollo (décembre 2009)

 

Les musiciens sont:


Rubén Blades: Chant, chœurs, maracas, bongos, cloches, trez cubain, guitare acoustique à cordes d'acier et guitare 12 cordes
Walter Flores: Flûte, cajón péruvien, percussions,basse, synthés et percussions
Mark Quinones, Oscar Cruz Cruz Rey: Congas

 

 

Un méga-hit (« La Perla » en duo avec le groupe de raggaton Calle 13 (à visionner ici), un album (« Cantares Del Subdesarrollo ») , une tournée (« Todos Vuelven Giro ») … Le moins qu’on puisse dire est que la rentrée de Ruben Blades est particulièrement riche.

Jeune retraité (la petite soixantaine) du gouvernement du Panama, c’est une icône de la musique latine qui fonce tête baissée dans ses activités musicales.

Assez de la politique, Maître Ruben? Même pas, puisque avec Cantares del Subdesarrollo (qu'on peut traduire par "chants du sous-développement"), il reprend son bâton de pèlerin de chantre de la Salsa Consciente.

« Cantares Del Subdesarrollo », c’est un peu du L.A.Garage : un album réalisé dans son garage de Los Angeles, entièrement acoustique, qu’il dédie à ses prédécesseurs : les immenses Ismael Rivera, Tite Curet Alonso et Ray Barretto.

Il n'y a jamais eu un album de Ruben BLADES comparable vraiment à Cantares del Subdesarrollo (Chansons du sous-développement). Non pas à cause du fait que le répertoire ne soit même pas vaguement salsa – Blades a beau être le roi du genre, un maître de la narration salsa, il ne s'est jamais senti lié à celui-ci - mais parce que l’album est entièrement acoustique; parce que Blades joue presque de tous les instruments et qu'il chante chaque note dessus. Et parce que l'albm parle de, euh... Cuba!

Eh oui, le musicien le plus le plus énigmatique de  la musiques latino-américaine, après avoir achevé son mandat de cinq ans en tant que Ministre du Tourisme du Panama, vient de sortir un album qu'il a concocté, il y a cinq ans, dans son garage. Un hommage à la terre natale de sa mère.

Il dédicace cet album au “courage du peuple cubain qui a survécu au blocus impérialiste et à la dictature marxiste sans perdre son essentiel unité, humour, amour, et espoir”.

Il évoque aussi la valeur de la vie dans les quartiers populaires : “honnêteté, courage et espoir, même face à la difficulté ou à la déception. Dans nos rues, nous vivons avec la vie et la mort une bière à la main.”

La simplicité du répertoire nous trompe sur la nature de ce qui pourrait représenter l'album le plus authentique et le plus politique de Blades. Cantares del Subdesarrollo reprend là où l'album "Maestra Vida" s'était arrêté, dans le sens où les personnages - la prostituée, le bègue, les gamins du quartier - tous de retour, sont des figures familières du paysage musical de Blades. Et il les traite avec un amusement affectueux, voire un léger humour.

Mais la magie, ici, opère grâce à la musique: un son éclatant, des guitares clinquantes, un tempo à la nonchalance tropicale, des claves a vous donner une arrêt du coeur et des paroles à vous déchirer l'âme, comme sur ""País Portátil": "Un pays portable à vendre... C'est un lieu sans mémoire". Certainement pas une chanson très gaie, mais bien que la majorité des morceaux sur l'album soit imprégnée d’une mélancolie lyrique et/ou musicale, la tonalité globale de l'album nous indique, en fait,  la direction opposée.

 

Et voici le meilleur: Cantares del Subdesarrollo est probablement  le disque le plus dansant depuis des lustres de Blades; le genre de danse  qu’il est préférable de pratiquer joue contre joue, d'un pas trainant et l'oeil aguicheur.

Basé sur un article de Achy OBEJAS - traduction Samuel LEGITIMUS

Dans la foulée de son album, Ruben Blades vient d’entamer une tournée mondiale «Todos Vuelven » avec son groupe Seis Del Solar. Elle célèbre les vingt-cinq ans de l’album-étendard «Buscando America » (Ca ne vous dit rien? Révisez un peu vos classiques). On espère qu’elle atteindra l’Europe et la France.

Ecoutez des extraits de Cantares del Subdesarrollo sur Youtube:

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Paddy McAloon (Prefab Sprout) - interview

TELEGRAPH Publié le: 09 Septembre 2009

Traduction: Samuel Légitimus

Alors que Prefab Sprout sort son premier album en 8 ans, le fondateur du groupe culte, le très contemplatif Paddy McAloon parle de sa lutte avec l'élan créateur.

Raisonnable, réfléchie et conscient de son image: Paddy McAloon de Prefab Sprout


Prefab Sprout
Prefab Sprout: Paddy McAloon avec Neil Conti (batteur), Martin McAloon (Bassiste) Wendy Smith (Chanteuse)

«Avez-vous jamais vu ces documentaires sur les gens qui les stockent des vieux journaux, du pain et des vélos?" Ricane Paddy McAloon. "Je suis un peu comme ça." Notre homme ne plaisante qu’à moitié. Avec de longs cheveux gris et une barbe longue blanche mal taillée, l’ex-leader de 52 ans du groupe de pop culte Prefab Sprout mène aujourd'hui une vie tranquille de reclus, une retraite intérieure dans sa ville natale de Durham, avec sa femme et ses trois filles (âgées de 11, 9 et 6 ans).

L'homme a dissout Sprout en 2001 (après 17 ans et 8 albums) et a sorti un seul album depuis, le CD de  morceaux instrumentaux et de textes parlés «I Trawl The Megahertz" en 2003. Mais il s'avère que McAloon n'a jamais cessé de faire de la musique, il a juste cessé de laisser qui que ce soit d'autre l'entendre.

"J'ai cette immense compulsion de créer, contre laquelle je lutte" confesse l'artiste chaleureux et désabusé. "Mon désir d'écrire est beaucoup plus fort que le celui de transformer n'importe quel de mes textes en album. À un certain moment, cela a été au point qu’il me fallait  trouver une sorte de stratégie judicieuse pour stocker les morceaux pour un long hiver. je me retrouve à présent avec une montagne de bric-à-brac et de musique. Je me sens comme le personnage d'une nouvelle d'Edgar Allan Poe, enseveli sous mes boîtes d'albums."

Prefab Sprout est sur le point de sortir son premier album en 8 ans, Let's Change The World With Music (sur Kitchenare, la semaine prochaine).

Seulement, il ne s'agit pas d'une reformation. Ni même d'un nouveau disue. C'est l'une des œuvres perdues de McAloon, enregistré en 1992, lorsque Prefab Sprout excitaient encore tous les platines de leur pop étincelante et émotionnelle vénérée aussi bien par les critiques que les amateurs de musique. Et nous avcons affaire à un album extraordinaire, un hymne pop riche, glorieux, mélodique, poétique, ironique et romantique au pouvoir de la musique.

Bien qu’enregistré en tant que démos au cours d'une année par un McAloon perfectionniste entièrement livré à lui-même, le disque possède tout ce qu'on peut souhaiter d'un album de Prefab Sprout: le mariage de l'esthétique de la composition arty et décalée avec le super poli de la musique pop et jazz.

Mais l'oeuvre dû être abandonné après une réunion des diecteurs artistiques du label, lorsque des doutes furent exprimés quant à savoir si le monde était prêt pour un album-concept qui comportait des références à Dieu.

Paddy McAloon fut encouragé à prendre des vacances et travailler sur autre chose mais, bien que Prefab Sprout ait depuis sorti deux autres albums studio, les graines de la retraite de McAloon avaient bien été semées. «Ce fut une époque stressante pour moi», admet-il. «Je ne pouvais m’empêcher de me sentir blessé. Mon ego me disait que j’avais confié mon meilleur matériel à des gens qui ne  le comprenaient pas. "

Ce qui semble tout à fait ridicule avec la distance de deux décennies, c'est que l'album est, en fait, si élégant, intelligent et joliment distillée, qu’on se demande comment quiconque aurait pu douter de sa valeur. Il n'est même pas, comme l'artiste le souligne lui-même, particulièrement religieux.

«Il y a bien dedans la plus vague des métaphores sur la notion d'une divinité: si Dieu devait prendre la parole, alors la musique serait l'endroit où vous trouveriez cette voix. Je n'ai cloué à mon mât le drapeau d’aucune confession ou points de vue particuliers. J'ignore où je me situe en terme de croyance. Quelle que soit l'époque dans laquelle nous naissons, nous pensons que nous avons le modèle définitif sur la façon dont est gérée l'univers et notre place à l’intérieur. Au 19e siècle, on pensait qu'il s’agissait d’un univers mécanique. L'analogie est désormais à l’ordinateur. Je pense pour ma part que tout ça est absolument inexact. Bob Dylan croit en Dieu, et Richard Dawkins ne réussira jamais à remporter un argument contre Bob Dylan car vous avez besoin d'un poète pour discuter de ces choses. Alors disons juste que je suis du côté de Bob."

Il peut sembler surprenant que McAloon exprime une foi quelconque, après avoir subi ces dernière année de véritables "épreuves de Job".

Il lui a fallu en effet subir plusieurs opérations des yeux pour stopper une maladie dégénérative progressive de la rétine. A peine récupérait-il de son mal, qu'il éprouva ce qu'il décrit comme étant son «désastre auditif».

"Il y avait six mois de bruits dans ma tête, si puissants que  j’avais l’impression que les autres personnes étaient capables de les entendre. Quand ces bruits on commencé à s’estomper, cela m’a laissé avec un endommagement auditif de l'oreille droite. Je suis donc devenu très réticent à l’idée d’aller dans tout endroit où on joue une musique assourdissante; je ne supporterais pas de me tenir debout devant une batterie, mais je peux encore électrifier quelques instruments et travailler à un niveau de volume très bas."

À travers ces tribulations, Paddy McAloon a continué à écrire et enregistrer. "Il y a quelque chose en moi qui désire faire une chose impossible.J'aime les chansons, mais je ne veux pas avoir à partir pour les ensuite  les vendre." Il y a dans ses tiroirs un album-biographie consacré à Michael Jackson (qui va devoir désormais nécessiter une nouvelle fin), une comédie musicale intitulée« Zorro The Fox », une suite des spirituals connus sous le titre «The Atomic Hymnbook», une épopée de 30 chansons, «Earth The Story So Far» et un concept album sombre sur la vie moderne, «Zero Attention Span", toutes ses oeuvre faignant la maladie sur les étagères de son home studio Durham.

 «Les thèmes de ces projets sont en train de vieillir au moment où nous parlons, et c'est un problème" admet McAloon, qui a dû couper une chanson sur la Princesse Diana (écrit alors qu'elle était encore en vie) sur Let's Change The World With Music. «J'ai écrit beaucoup de choses à partir des journaux et je les ai regardé jaunir dans leurs boîtes."

L'album sort aujourd'hui parce que l’ancien label de McAloon, Kitchenware, lui a demandé s'ils pouvaient le sortir, et McAloon, à la réécoute de l'album, fut ému par l'expérience. «J'ai mis tout mon coeur dedans, j’y mets tout ce que j'avais. Donc, je pense que ça l’exempte des artistes des années 80 qui effectuent un petit retour pour leur régime de retraite. J'ai toujours aimé ces chansons, et j'ai simplement eu la chance de rétablir un tort historique."

Parlez avec McAloon, c'st avoir affaire à l'une des personnes les plus raisonnables, les plus réfléchies et les plus consciente d’elle-même que vous pourriez rencontrer. «J'ai une bonne vie de famille, j’effectue le ramassage scolaire, j'ai des amis. Mais je suis reclus dans un tas de choses. Je ne m'inquiète pas vraiment pour ce brave nouveau monde. Vous parlez à un gars qui ne sait pas conduire. Je ne suis pas sur internet. Mais je ne pense pas que ce soit aussi fou  que ça paraisse », dit-il, quant à son isolement artistique auto-imposé. «Si vous décidez de consacrer votre vie à quelque chose comme une activité artistique, vous le faites car vous pensez que cela vaut le coup de le faire. Ce n'est pas un acte de grandeur par rapport à moi-même, c’est plus que je n'arrive pas à  me sortir de la tête certaines choses, comme me concentrer sur les petits aspects excitant, les morceau fleuris.Tenez, j’ai la sensation quand j’en parle, que cela vient d'un endroit sensible. Mais je sais de quoi ça me donne l’air. Mais, peut-être est-ce seulement la barbe."

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Voici la programmation 2009 définitive du superbe

FESTIVAL DES GRANGES (27, 28, 29 août 2009)

des amis Fanny et Pascal

Programmation et réservation en ligne ici

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01/05/09

ROADSINGER le nouvel album de YUSUF

critiques et vidéos ici

Sortie le 5 mai de Roadsinger (to warm you through the night) le second album pop de Yusuf (ex-Cat Stevens) volontairement plus acoustique que An Other Cup. "Des fans m'ont dit qu'ils souhaitaient m'entendre davantage à la guitare, ce disque est donc plus tourné vers le folk. En outre, à l'exception d'un titre, il a été enregistré live. J'ai écouté beaucoup d'artistes de la scène musicale de L.A. des années 70, comme Joni Mitchell, James Taylor, Carole King et cela m'a donné envie de revenir à ce style d'enregistrement plus intimiste." a-t-il confié.

Ses mélodies simples, ses arrangements dépouillés font de Roadsinger (to warm you through the night) le petit frère idéal de ses deux classiques du début des seventies Tea For The Tillerman et Teaser And The Firecat.

Voici la liste des titres qui y figureront:

CD
01. Welcome Home
02. Thinking 'About You
03. Everytime I Dream
04. The rain
05. World O' Darkness
06. To Be What You Must
07. This Glass World
08. Roadsinger
09. All Kinds of Roses
10. Dream On (Until…)
11. Shamsia

DVD

Vidéos: Boots And Sand - Peace Train Blues - interview filmée de 30 minutes - Reportage sur la fabrication de la VW 1963 qui orne la pochette.

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BRETT DENNEN ENFIN A PARIS

et pour..... 13 euros seulement!

QUAND? Lundi 11 Mai 2009 à 19:30

Où? POINT EPHEMERE

190-206 quai de Valmy 75010 Paris cliquer ici pour le plan

notre page spéciale Brett Dennen

www.myspace.com/brettdennen

Vous qui avez toujours eu le regret de ne avoir vécu à la grande époque des grand singers-songwriters des seventies comme JT, Cat Stevens,Neil Young, Jacskon Browne, Paul Simon ou Bob Marley... Ne ratez surtout pas une chance de vivre le premier concert de Brett Dennen.... un futur géant!

Il y a à peine cinq ans, Brett Dennen (Downtown-Dualtone / USA) n’était encore qu’un animateur pour enfants qui jouait de la guitare et écrivait des chansons autour du feu de camp. C’est grâce à un premier album fait maison qu’il commence à jouer dans les bars de la côte ouest américaine. Il puise ses influences chez des artistes comme Paul Simon ou Joni Mitchell. Signé sur un label indépendant en 2006, il sort So Much More, deuxième album qui retiendra l’attention des critiques, programmateurs et artistes déjà établis. Le Rolling Stone Magazine le placera d’ailleurs dans les 10 artistes à surveiller en 2008. Avec son dernier album Hope For The Hopeless, son authenticité folk rock, sa volonté de donner du sens à sa musique et sa réputation de performer live, Brett Dennen est devenu une figure importante de la musique folk américaine.

“C'est une combinaison rare, lorsque un artiste se montre aussi bon chanteur que guitariste comme l'est Brett Dennen, mais c'est son engagement dans les mots qui fait vivre et respirer ses chansons. Sa musique possède un entrain et une dynamique tandis que ses paroles ont une vérité qui dément son âge.” – Michael Franti (leader de Spearhead)

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JACKSON BROWNE ce soir A L'OLYMPIA

vidéo Barricades of Heaven

Live Nude Cabaret

Jackson Browne est avec JT, Joni et Cat, un singer-songwriter phare des années 70.

Son dernier concert parisien date de 2003 à la Cigale et son CD de 2008, ‘Time The Conqueror’, ne dépare pas de son ancien style. Ses nouvelles chansons fonctionnent bien en concert parce que le groupe sur scène est exactement le même sur le disque: Kevin McCormick à la basse, Mauricio Lewak à la batterie, Mark Goldenberg à la guitare, Jeff Young au piano et deux choristes absolument incroyables, Chavonne Morris et Alethea Mills. En un mot "Waouh!".

cliquer ici pour les compte-rendus, photos et vidéos

Lisez l'article consacré à notre homme dans Télérama en Pdf (Page 1 et Page 2)

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C'est le grand retour de The CHRISTIANS en Europe et c'est au Festival des Granges !

festival des granges

voir le site du festival

C'est reparti. Le super festival de musique acoustique des amis Fanny et Pascal.

Il dure trois jours (et quasi trois nuits!) du jeudi 21 au samedi 23 août 2008

la programmation d'enfer:

 [JEUDI 21 AOUT à partir de 20H00]


GRANGE APERO/CONCERTS :

JULES (chanson française pop/rock)

CHARLIE FABERT (blues acoustique France)

MARC-ANDRE LEGER(blues acoustique Canada)

Tarif : 10 euros dans la limite des places disponibles (concerts + 1 boisson offerte)
Réservation conseillée

[VENDREDI 22 AOUT à partir de 20h00]


• SOUS CHAPITEAU COUVERT- Max. 600 places
CYRIL ACHARD (Jazz France)
KAMILYA JUBRAN & WERNER HASLER (Chanteuse/oudiste Palestinienne)
SERGE LOPEZ & JACKY GRANDJEAN (Flamenca France
LES DOIGTS DE L'HOMME (Jazz Manouche France)

Tarif Plein 20 Euros - Tarif Réduit 15 euros (voir détails en page Billetterie) 

[SAMEDI 23 AOUT à partir de 20h00]

SOUS CHAPITEAU COUVERT - Max. 600 places
UP YA BOYA (Musique et chanson traditionnelles irlandaises)
MARJAN DEBAENE (Pop/Folk Belgique)
THE CHRISTIANS(Pop-Rock Angleterre

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Choix CDs et DVDs de l’année 2007

Le choix de Sam

Brett Dennen - So Much More
Chaka Khan
Funk This
Joe Henry -
Civilians
Joni Mitchell -
Shine
Herbie Hancock -
The Joni Letters
Abbey Lincoln -
Abbey Sings Abbey
Eugene Ruffolo -
The Hardest Easy
Stephen Bishop -
Romance in Rio

DVD

Monte Hellman - Macadam à deux voies
Yusuf Islam - Yusuf's Café
James Taylor – One Man Band ( CD+DVD)

CONCERTS DE L'ANNEE 2007:

INCOGNITO le 26 mai à l'Elysée Montmartre (1ère partie: Sandra N'kaké artiste immense à suivre de près...)

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BRETT DENNEN -

UN PRODIGE DE LA COMPOSITION ACOUSTIQUE

CE JEUNE CHANTEUR ORIGINAIRE D'UNE COMMUNAUTE D'OAKLAND, CALIFORNIA est apparu sur la scène du revival folk (Ben Harper, Neal Casal ou Jack Johnson) dans le début du millénaire.
Sur son deuxième album officiel "So much More" - produit par Kevin McCormick, producteur et bassiste de Jackson Browne (on retrouve d'ailleurs beaucoup de musicos des derniers albums de Browne), on entend dans ses compos la grosse influence des singer-songwriters tels que James Taylor, Jackson Browne, Paul Simon, Paul McCatrney ou Ron Sexsmith - et surtout Tracy Chapman - mais, à l'instar du chanteur de Jazz Jimmy Scott, le petit Brett Dennen ( 25 ans) possède une troublante voix féminine proche de celle de Billie Hiliday et un jeu de guitare extraordinaire qui en font déjà un artiste de scène hautement respecté par ses pairs (John Mayer lui a d'ailleurs écrit personnellement pour lui demander d'assurer les premières parties de ses concerts).


  • Voici une excellente interview de plus de 50 minutes (laissez le temps à la vidéo de se télécharger sur votre ordinateur), qui nous donne une tonnes de détails fascinants sur l'artistes. Il est chouette de voir la réaction de Brett Dennen à certaines questions. La vidéo comprend également une performance de "Ain't No Reason" et "She's Mine" à la fin.

    Cliquer ici

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Choix CDs et DVDs de l’année 2006

Le choix de Sam

CD

Carl Hancock Rux - Good Bread Alley
Paul Pena
– New Train (un authentique "trésor perdu" vieux de plus de 30 ANS!!)
Bruce Springsteen - We Shall Overcome - The Songs of Pete Seeger
Bob Dylan - Modern Times
Leon & Eric Bibb - Praising Peace - a Tribute to Paul Robeson
James Hunter - People Gonna Talk
Karrin Allyson - Footprints
Rocé - Identité en crescendo

REEDITION

Leah Kunkel - les deux albums classiques de "Leah Kunkel" (1979) + "Run With Trouble" (1980) en un CD
Kate Taylor - pressage japonais de "Kate Taylor" (1978) & "It's In There... and It's Got to Come Out" (1979)

DVD


Joan Armatrading - "at ROCKPALAST (1979-1980)" & "All The Way From America Live (2004)
Kenny Rankin – The Jazz Channel 2001 Presents
James Taylor – A Musicares Person of The Year Tribute

CONCERTS DE L'ANNEE 2006:



Bill LaBounty & Robbie Dupree – Casino de Paris & Bus Palladium
Take 6 – New Morning

et bien sûr... ce fabuleux week end à Laimont au Festival des Granges !!!

ESPOIRS 2007 :

Réunir tous les habitués - et plein de nouveaux - sur un forum TOUT NEUF et...sans spams!

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Le choix de Serge

CD

Michel Rivard - Confiance
Tom Waits - Orphans
Midlake - The Trials of Van Occupanther
Beatles "Love"/ James Taylor James Taylor at Christmas
Michael Landau group Live

GRANDES PERIODES D'IMMERSION 2006

Tout Lyle Lovett
Tout Dan Fogelberg

DVD

James Taylor – A Musicares Person of The Year Tribute
John Hammond – New Morning
Albert Dupontel - Enfermé dehors

CONCERTS DE L'ANNEE 2006:



Robbie Dupree Bill LaBounty - Casino de Paris 2006

ESPOIRS 2007 :

Un « vrai » nouveau James  avec une date à l'Olympia
Que de la bonne musique et que tout le monde soit heureux !

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Le choix de Tom 4 Juillet

CD

Pour moi, le seul évènement notable de 2006 est la sortie de... LOVE des Beatles.

Je m'explique : OK, c'est un coup de pognon avant l'entrée des morceaux dans le domaine public. J'm'en fous, sur la Mule c'est gratos et là, on ne pourra pas me reprocher de tuer la création (vu qu'ils n'ont rien créé depuis 35 ans). Obtenir un son d'aujourd'hui sur des enregistrements de l'époque = premier exploit.
Deuxième exploit = George Martin n'a rien rajouté, au contraire, il a ôté beaucoup de superflu et on se rend encore mieux compte, s'il en était besoin, qu'il n'était pas le 5ème Beatle, mais leur moitié à lui seul.
S'il lui venait l'idée de récidiver avec les bandes enregistrées par JT à Abbey Road, je serais preneur !

Tom

PS : s'il y avait eu un "Live at the Festival des Granges 2006", ce serait mon 2ème.

Entièrement d'accord avec toi Tom. L'autre Sir, McCartney, n'aimait pas qu'on dise que Martin était le 5ème Beatles. Hé hé, mon p'tit Paul, il vous a mis au monde (enfin, un peu...), en tout cas, il vous a fait faire vos classes et il s'occupait du reste.

LOVE a été produit par Sir George et son fils (dont j'oublie le nom) pour le projet, bien spécifique,du Cirque du Soleil (hum... québécois) et non pas pour ze money. C'est le fondateur du Cirque, Guy Laliberté, qui connaissait George Harrison, qui a eu l'idée d'un spectacle basé sur la musique des Beatles et l'a vendu à Ringo, Paul et Yoko. Alors, si vous allez à Las Vegas bientôt, achetez vos billets pour ce spectacle qu'on dit marvelous, fantastic. Sinon, rabattez-vous sur celui de Céline Dion...

Noyeux Joël,

JPQ

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Le choix de Fanny

CD

Television Personalities - My Dark Places
Yusuf -
An other Cup
Neal Casal -
No Wish to reminisce
mention spéciale pour Ed Kuepper -
Serene Machine (1993)

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Le choix de Simon

CD

David Crosby - Voyage
Lindsey Buckingham - Under the Skin
Paul Simon - Surprise
Donald Fagen - Morph the Cat
Neil Young - Fillmore East
Mark Knopfler & Emmylou Harris - All the roadrunning
Laurent Voulzy - La 7ème vague

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"Appelle-ça du rap, du slam, du punk, ça ne me regarde plus (Rocé "L'un et le multiple")

Voici un des meilleurs disques français de l'année (de la décennnie!!) tout genre confondus.

Laissez tomber les catégories:(rap, slam, jazz...) ici on parle d'oeuvre. De celle dont l'artiste aura nullement à rougir plus tard.

"Identité en crescendo" est un album à l'écriture exigeante et humaniste avec des samples ( cette trompette sur "Je chante la France") qui vous hantent le cerveau et des paroles d'une force poétique rare, à vous demander presque si ce gars-là existe vraiment, tellement il surnage loin du "cloaque infâme de l'industrie musicale actuelle" (dixit Joni Mitchell). Si je vous dis que l'homme, qui est d'une modestie et d'une timidité rare, devient sur scène un véritable feu d'artifice de mots, d'énergie et d'idées. Je rentre juste d'un concert donné ce soir à guichet fermé au Nouveau Casino (superbe salle soit soit en passant) où le public de Rocé (très mélangé, racialement et socialement) était pendu à ses lèvres et explosait de gratitude à chaque fin de morceau .

Je finirai en vous disant que je suis également très fier de le compter parmi mes bons amis et qu'à chacune de nos rencontres, le temps file à une vitesse d'enfer tant nous sommes tous deux avides de connaissances.

site officiel de Rocé

Il y a le free jazz puis, avec Rocé, le free rap. Le deuxième album de ce rappeur métèque, de père juif et de mère musulmane, est un manifeste pour une musique débridée, et surtout pour une identité multiple, sans carcan communautaire, sans aveuglement républicain. Accompagné par la trompette de Jacques Coursil (légende de l'ère Free Jazz), Rocé débute ce manifeste par un cri : «Qu'on m'accepte comme être multiple, et je chanterai la France.» Avec Archie Shepp, il déclame son ode à la solitude, «seul, sans tes origines, renvoie-les à tes ancêtres, juste pour un moment, le temps de te retrouver, seul, sans une couleur de peau et sans une religion». «Depuis que le rap alimente les fantasmes des jeunes bourges, les rappeurs deviennent bêtes et sourds», dit Rocé en intro d' Appris par coeur . Alors, lui soigne ses rimes, enrichit ses compositions avec la batterie d'Antoine Paganotti (du groupe Magma), la guitare manouche de Potzi (du groupe Paris Combo). Rocé s'emporte contre sa saleté d'espérance ou les problèmes de mémoire. Le tout est un ouvrage de treize orfèvreries, qui s'écoutent sans fin. Un bon vent liberté, qui se déguste, se médite.

Stéphanie Binet (Libération)

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"élu meilleur livre de l'année en 2003 par le New-York Times , le National Book Circle et le Washington Post."

Ce livre de 763 pages est un vrai choc littéraire, humain et musical. Achetez-le pour vous, pour vos proches - surtout, ceux qui virent cynique et ne ne croient plus en grand chose. L'auteur qui a déjà huit ouvrages a son actif - mais seulement deux traduits en français depuis peu (incompréhensibles!!) - est un authentique génie. "le temps où nous chantions" a d'autant plus sa place sur ce site que

1/ ses pages sur l'art du chant et sur l'expression musicale sont parmi les plus belles et les plus senties que j'ai jamais lues

2/ les trois enfants Strom pourraient être les enfants Taylor que les parents ont tellement voulu protéger des agressions du monde pendant toute leur enfance en les isolant en Caroline du nord et en leur faisant croire - comme en témoigneront maintes fois James et Liv - qu'ils étaient capables de devenir tout ce qu'ils voulaient. On connait les conséquences psychologiques qui en ont résultées pour eux. Douce utopie!!

Samuel

Richard Powers, avec "Le Temps où nous chantions" , nous fait arpenter la seconde moitié du siècle au rythme d'un blues poignant et bouleversant, sur la destinée d'une famille aux Etats-Unis.

Washington, 1939. Alors que les lois antijuives se propagent en Europe, la ségrégation contre les Noirs sévit en Amérique du Nord. Ce qui va donc avoir lieu tient de l'événement : pour la première fois dans l'histoire des Etats-Unis, Noirs et Blancs se retrouvent unis par dizaines de milliers, tous venus écouter chanter la cantatrice noire Marian Anderson sur les marches du Lincoln Memorial— un véritable moment de grâce, au cours duquel David Strom, physicien juif allemand, rencontre Delia Daley, jeune étudiante noire américaine. Le temps pour eux va s'arrêter à cette journée illuminée par la tolérance : ils ne se quitteront plus.

Trois enfants vont naître, qu'ils décident d'éduquer eux mêmes, au delà de l'idée de race, dans le culte absolu de la musique, de l'art, de la science et de l'amour universel — formant ainsi au fil des ans, en plus d'une famille, une chorale, union harmonieuse parfait de cinq voix se suffisant à elles seules... Ce jusqu'au jour où un éminent et estimé visiteur entend la voix de Jonah, neuf ans, et les exhorte à chercher pour lui une école de musique.

Les portes du monde extérieur s'ouvrent alors pour ces enfants, qui se retrouvent brutalement confrontés à une réalité violente à laquelle ils n'étaient pas préparés : le racisme, les luttes pour les droits civiques, les émeutes. Chacun, dès lors, va devoir se frayer son propre chemin...

Centrés sur les questions de l'origine et de l'identité, ce roman nous convie à une fascinante exploration de notre rapport au temps, au rythme d'une succession de variations sur les thèmes du mouvement, de l'instant et du recommencement. L'émotion nous étreint dès les premières pages : c'est tout autant l'histoire que la façon de la conter qui font de cette lecture une expérience intense, marquante. Une écoute plutôt qu'une lecture : la puissance évocatrice de Richard Powers est telle qu'il réussit à nous faire entendre la voix de Jonah « s'élevant tel un crocus poussé dans la nuit sur un gazon encore frappé par l'hiver ». Et lorsqu'on referme ce livre, c'est comme un disque qui soudain s'arrête, après l'avoir écouté à plein volume.

« Le meilleur livre que j'ai lu sur la musique et la joie qu'elle peut procurer. » D. LEON

« Le roman le plus ambitieux – et le plus abouti – que j'ai lu depuis "Pastorale Américaine", de Philip Roth. Un choc ! » GREIL MARCUS

« Prodigieux. » THE NEW YORK TIMES

Richard Powers eut l'idée originelle du Temps où nous chantions en regardant un documentaire sur le concert de Marian Anderson, en 1939, à Washington. Parce qu'elle était noire, la plus grande contralto des Etats-Unis avait été refusée dans les salles de concerts. Et c'est en plein air, dans un parc, qu'elle se tint, face à un public venu de tout le pays. « J'ai compris à ce moment qu'on ne pouvait raconter l'histoire de l'Amérique comme je voulais le faire sans placer le racisme au cœur du projet. Mais, en même temps, j'avais peur d'écrire ce récit puisque je suis blanc. » Il lui aura fallu vingt ans pour trouver la force de traiter la question du racisme par le biais de la musique. Le Temps où nous chantions commence donc lors de ce concert mythique où David Strom, physicien juif allemand, rencontre Delia Daley, jeune fille noire américaine. Le couple se marie, élève trois enfants dans le culte de la musique, les protégeant du monde extérieur par une sorte de cocon sentimental et culturel. De cette tendre protection sortiront trois personnalités : Jonah, ténor à la voix exceptionnelle, entrera dans le camp des Blancs. Ruth, la petite sœur, adhérera au mouvement des Black Panthers. Joseph tentera de préserver l'équilibre entre ces deux extrêmes, passant la première partie de sa vie à accompagner son frère au piano et la seconde à se rapprocher de sa sœur.

Sur ces bases romanesques, Richard Powers construit une œuvre polyphonique tenant de la magie. Une œuvre « métissée » qui réfléchit sur la notion de temps, sur l'opposition entre langages mathématique et musical, sans jamais oublier la part de « romance ». Richard Powers ne s'en tient pas à la chronologie des faits, il se promène sans cesse entre 1939 et les années 80. « Je pense que le passé n'est pas fixe, face à l'avenir en mouvement, mais que chaque événement présent peut changer le passé. C'est comme en musique : le rondo est la répétition d'un motif avec un ajout. On entend toujours la même note et pourtant, à chaque reprise, l'esprit entend autre chose. Pour moi, la question importante est celle-ci : la musique permet-elle un retour vers le passé pour construire un avenir meilleur ? »

Mais attention, toute cette ambition intellectuelle – où l'on retrouve l'influence conjuguée de Marcel Proust et de Thomas Mann – ne transforme jamais le récit en démonstration glacée. Le Temps où nous chantions est un livre d'intense émotion pour le lecteur, qui ouvre la première page et se laisse emporter jusqu'à la huit centième. Il y a quelque chose de physique dans l'écriture de Richard Powers, un rythme, un souffle, une vibration enthousiasmante. Face au roman contemporain qui cherche dans son nombril une nourriture fictionnelle, l'œuvre de Powers s'ouvre sur le monde en nous parlant de nous. Son premier roman, Trois fermiers s'en vont au bal (réédité chez 10/18), partait d'un cliché d'August Sander à la veille de la Première Guerre mondiale et développait déjà l'histoire du monde à travers ces fermiers. Le Temps où nous chantions (titre tiré du Cantique des cantiques) reprend le thème, l'enrichit par un mélange d'esthétisme grave, de réflexion philosophique et sociale mais surtout par un pur plaisir de lecture qui donne le sentiment d'avancer dans son propre jugement. Un peu comme lorsque André Breton affirmait : « La vraie littérature doit mener quelque part. » Christine Ferniot (Télérama)

"C'est un soulagement que de tourner la dernière page du roman de Richard Powers : il existe encore des grands romans fascinants et inoubliables, capables de laisser une empreinte indélébile dans le monde la littérature.

Peut-on élever ses enfants en dehors de toute considération de race lorsqu'ils sont issus d'un couple métissé ? Quelle est cette folie qui pousse des parents à croire que leur progéniture pourra s'affranchir de son origine ethnique et grandir au-delà de sa couleur de peau ? Comment concevoir cette arrogance qui place la famille au-dessus de tout le reste et prône comme valeur fondamentale la stricte volonté des individus à faire d'eux ce qu'ils veulent ? Centré sur le racisme et la construction de l'identité, Le temps où nous chantions aborde ces questions en 770 pages prodigieuses et poignantes. Avec Richard Powers, le terme de chef-d'œuvre prend tout son sens, tant son roman est monumental et sublime.
Balayant plus de soixante ans d'histoire, Powers dresse un panorama des Etats-Unis, depuis 1939 jusqu'aux années 90. Dans le monde, 1939 voit bien sûr le début de la guerre et l'intensification des persécutions contre les juifs en Europe. L'Amérique elle, est aux prise avec la ségrégation envers les Noirs. C'est dans ce contexte tumultueux que vont se rencontrer David Strom, physicien juif exilé, et Delia Daley, jeune femme noire américaine. Ce jour de Pâques 1939, ils assistent au concert de Marian Anderson, la grande contralto noire, à Washington. Marquée du sceau de la tolérance, cette journée est aussi celle du début de leur amour. De cette union naîtront trois enfants à qui ils voudront tout donner et peut-être trop. Aux yeux des deux communautés, ils sont coupables du plus grand des péchés : éduquer leurs enfants dans le culte absolu de l'art, de la musique et du déni de l'identité, en ignorant la violence environnante. Leur crime, bercer ces enfants de ce qu'aucuns jugent comme illusion : "Vous serez qui vous voudrez." Confrontés au monde extérieur, chaque enfant réagit avec ses armes : Jonah, ténor à la voix exceptionnel, Joseph, pianiste virtuose dans l'ombre de son frère et Ruth, la petite dernière, plus radicale et membre des Black Panthers.
S'affranchissant de la chronologie des événements - il nous balade sans cesse entre 1939 et 1990 -, Richard Powers dresse rien de moins qu'une Histoire de l'identité raciale de l'Amérique. En un sens, il a tout simplement écrit le roman sur les problèmes raciaux aux Etats-Unis, une évidence pour celui qui considère que "le racisme est la question centrale de ce pays" . De la même trempe qu'un Jim Harrison, qu'un Philip Roth ou qu'un Garcia Marquez, Richard Powers maîtrise une écriture incroyablement dense et d'une puissance rare. Débarrassée de toute fioriture stylistique, sa prose tend vers la perfection tant elle est pure et éblouissante : Le temps où nous chantions est un roman immortel, au-delà de la littérature.

Jennifer Honère

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KARRIN A DE LA SUITE DANS LES IDEES...

Karrin Allyson sort enfin, ce mardi, le successeur de "Wild For You" son album hommage de 2004 aux singers-songwriters et dans lequel elle reprenait JT, Joni, Bonnie, Carly, Carole et Cat.

A la suite de deux soirées mémorables au Sunside de la même année, j'ai eu l'honneur insigne de la voir accepter mon entretien pour le lendemain. On a parlé deux heures durant de chant et de ses influences. Elle m'a confié son affection pour JT et pour les grands vocalistes comme Oscar Brown, Jr ou Jon Hendricks qui ont l'art de savoir faire swinguer et s'amuser avec les mots. Au moment de nous quitter, elle m'a demandé d'attendre un instant, est remontée dans sa chambre et est aussitôt redescendu avec un album à la main intitulé Dream Lands. "Cadeau!" m'a-t-elle lancé. "Voici ma plus grande influence. Elle est, pour moi, la plus grande chanteuse vivante! "

Il est bon de voir que Karrin a de la suite dans les idées puisque pour son nouveau disque "Footprints" elle a non seulement décidé de partager l'ensemble des voix lead avec son idole mais également avec une autre légende vivante: Mister Jon Hendricks himself. (Oscar Brown, Jr devait être du projet, mais il a eu la TRES mauvaise idée de disparaître.)

4 morceaux de l'album à écouter en streaming: cliquer ici

Le nom de son idole - un des secrets les mieux gardés chez les chanteurs de jazz - est Nancy King (dont j'aimerai doublement saluer la performance sur ce projet, puisqu'il lui a fallu subir la perte de son fils dans un accident de moto deux semaines à peine avant d'entrer en studio)

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Nos CDs et DVDs de l’année 2005

nos 3 CDs préférés  :

J. B « Running On Empty » +  « Solo Acoustic Vol.1 » - McCartney « Chaos & Creation »

articles sur "Running On Empty"+traductions des paroles cliquer ici

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nos trois DVD préférés:

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L'incontournable de l'année:

Bob Dylan & Martin Scorcese

No Direction Home - le FILM et le CD ( Lire une critique ici )

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Le choix de Sam

CD

Jackson Browne - Running On Empty + "Solo Acoustic"
Bettye Lavette - I've Got My Own Hell To Raise
Ry Cooder - Chavez Ravines
Holly Williams -The Ones We Never Knew
John Hiatt - Master of Disaster
Anita Baker - Christmas Fantasy

DVD

Bozz Scaggs - Greatest Hits Llive
Harry Belafonte – An Evening with Friends
Cat Stevens – Majikat

Le choix de Serge

CD

Paul McCartney – Chaos and Création
Joe Cocker : Mad Dogs & Englishmen (réedition)
Michael McDonald – Christmas Album "Through Many Winters"
Michael Landau: Live in Baked Potatoes (pressage japonais)
Kenny Loggins - Outside the Redwoods

DVD

CREAM - Live at the Royal Albert Hall
Kenny Loggins - Live at the Grand Canyon
Michael McDonald - "Soundstage"
Dr John - Montreux 95
Boz Scaggs - Greatest Hits Live
Joe Cocker - Mad Dogs & Engishmen
Jethro Tull - THE ISLE OF WIGHT

Le choix de Fanny

CD

Jackson Browne - "Running On Empty "+ "Solo Acoustic"
Neal Casal - Leaving Traces
Gabriel Yacoub -Je vois venir
Tom Mac Rae -All Maps Welcome
Anthony & The Johnson - I'm a Bird Now
Chris Whitley - Hôtel Vast Horizon et Rocket House

Le choix de Jean-Pierre

CD

Paul McCartney - Chaos and Creation in the backyard.
John Scofield -That's What I Say (avec Dr John,Mavis Staples,Warren Haynes..)
Poco - Bareback at Big Sky live unplugged
Feist - Let it die
Carole King - The Living Room Tour.

Rééditions:
Jackson Browne: Running On Empty
Joe Cocker: Mad Dogs and Englishmen

DVD

The Concert for Bangladesh
Bonnie Raitt - Live à Montreux 1977
Cream - Royal Albert Hall 2005
Scotty Moore - Tribute To The King

 

 

 


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